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dimanche, septembre 02, 2007

Du cote de chez Dieu : chretiens d'Afrique

J'ai beaucoup hesite pour donner un titre a ce post. Dans un premier temps il s'agissait de faire un point sur les faits d'actualite qui m'interessaient. Mais ce point etant pour le moins important, j'ai voulu l'intituler avec une pointe de fantaisie "du cote de chez Dieu." Ce post parle du recent rififi dans l'Eglise. Non il ne s'agit pas de la controverse sur la possible liberalisation du rite tridentin et la publication du Motu proprio Summorum Pontificum. L'histoire cette fois-ci se deroule un peu plus loin chez les freres (separes) de l'Eglise Anglicane. Il s'agit de reconciliation, mais qui dit reconciliation indique qu'il y a une rupture possible. Au dela de la reconciliation il s'agit de la marque que les eglises d'Afrique tentent d'imprimer.

L'Eglise Ougandaise faisant suite a sa soeur Kenyanne a procede a la nomination d'un eveque (lire les articles BBC et IHT). Jusqu'ici rien de bien extraordinaire me direz-vous. Sauf que ces nominations successives d'eveques americains par des eglises africaines a ceci d'inhabituel qu'elles participent d'une volonte d'une partie de l'Eglise Anglicane d'Afrique de se demarquer de l'eglise Episcopale suite a la nomination d'un eveque homosexuel Gene Robinson en 2003. Le probleme en toile de fond n'etant autre que la preservation de l'unite de l'eglise anglicane au dela des points de contention que sont l'acceptation des homosexuels et de l'ordination des femmes.

Pour l'archeveque du Kenya, Benjamin Nzimbi, il s'agit la d'un symbole fort dans la mesure ou "The West used to send missionaries to Africa and the third world, [...] but now the third world is sending its missionaries to the West." De fait, et au dela du cas anglican, les eglises africaines se sentent comme investies d'une mission salvatrice face a un Occident qui aurait perdu reperes et valeurs fondamentales, plus confiantes a defier les interpretations theologiques de l'Occident. Voila un temps interessant que vivent les eglises chretiennes d'Afrique. Un temps fort et riche en dialogues et en querelles. Un temps qui, meme s'il se decline sous des aspects differents selon les eglises, reste symptomatique de cette montee en puissance de l'Afrique, montee en puissance revelee et soutenue par la vitalite de ses eglises et le nombre de leurs fideles. Ca a commence bien avant Vatican II et la "localization" des offices (chants et sermons en langues locales), le developpement d'un leadership ecclesiastique local, l'autosuffisance si chere au Cardinal Christian Tumi etc... Cela s'est poursuivi avec l'exhortaion papale "Ecclesia in Africa", souhaitons que cela aboutisse a une plus grande part a definition des contours doctrinaux.

Pour Rosalind Hackett, professeur d'etudes religieuses a l'universite du Tennessee, citee par l'AP "They feel they have the right and capability to determine the agenda, [...] the 21st century is Africa's moment." Ce moment sera t'il schismatique et conflictuel ou sera t'il consensuel et en accord avec le reste du monde ? Aura t'il une tonalite liberale ou conservatrice? Sa voix portera t'elle au dela de la chaire le dimanche quand il s'agira d'evoquer les sujets socio-politiques tels que la democratie et l'arret des conflits armes ou d'appeler a plus de responsabilite dans la lutte contre le sida? Saura t'elle fusionner la lettre chretienne et nos traditions africaines. Autant de defis pour l'Eglise elle-meme, mais aussi sa communaute de fideles, la reussite face a ces defis marqueront la completude de ce moment en attente de la Parousie.

Affaire a suivre...


2 comments:

Kans a dit…

"L"inculturation de l'Evangile" il disait Karol, lors du synode africain tenu à Yaoundé.
Depuis lors... en dehors des soutanes qu'on décore à l'africaine on attend encore!

Eddy a dit…

Dieu. Ah Dieu! Ce fameux concept sensé aider l'humanité. Trop de passion en (et autour de) Lui.
D'ailleurs même, moi je m'en méfie avec ...passion justement.