Musings on Africa, Politics, Technology, Love, Life and Trifles...

|| Em@il me lymani_at_hotmail dot com ||

dimanche, novembre 23, 2008

If you knew

On continue la série des dimanche en musique avec Nina Simone et son If You Knew. Une déclaration d'amour tout simplement renversante avec des mots égrenés qui rappellent la pureté de sentiments énoncés simplement. Qui prendra sa guitare pour venir me redire ces mots ? La reprise de Jeff Buckley est pas mal aussi, mais ma préférence va incontestablement à Nina.


vendredi, novembre 07, 2008

No te puedo comprender

Si cette chanson ne vous donne pas des frissons, alors...



No te puedo comprender, corazón loco
no te puedo comprender, ni ellas tampoco
yo no me puedo explicar, como las puedes amar tan tranquilamente
yo no puedo comprender como se pueden querer dos mujeres a la vez y no estar loco
merezco una explicacion porque es imposible seguir con las dos

aquí va mi explicación, a mi me llaman sin razón corazón loco
una es el amor sagrado, compañera de mi vida, esposa y madre a la vez
y la otra es el amor prohibido, complemento de mi alma al que no renunciaré
y ahora ya puede saber, como se pueden querer dos mujeres a la vez y no estar loco

aquí va mi explicación, a mi me llaman sin razón corazón loco
una es el amor sagrado, compañera de mi vida, esposa y madre a la vez
y la otra es el amor prohibido, complemento de mis ansias al que no renunciaré
y ahora ya puede saber, como se pueden querer dos mujeres a la vez y no estar loco

y no estar loco....


mercredi, octobre 29, 2008

lundi, octobre 20, 2008

Le Bostwanais Festus Mogae recoit le prix Ibrahim Mo

Via New York Times.

Festus Gontebanye Mogae, ancien précisent du Bostwana a reçu le prix Ibrahim Mo du meilleur leader Africain en 2008.

He was honored for consolidating his nation’s democracy, ensuring that its diamond wealth enriched its people and providing bold leadership during the AIDS pandemic. Mr. Mogae, 69, a man with a modest style, will receive $5 million over the next 10 years and $200,000 per year thereafter for the rest of his life. Over the coming decade, the foundation may also grant another $200,000 a year to causes of Mr. Mogae’s choice. Festus G. Mogae, trained as an economist, was Botswana’s president for two terms.

“President Mogae’s outstanding leadership has ensured Botswana’s continued stability and prosperity in the face of an H.I.V. and AIDS pandemic which threatened the future of his country and his people,” the committee said. [...] He had himself tested publicly for H.I.V., the virus that causes AIDS. When he realized that the stigma of H.I.V. and AIDS was so great that people were avoiding testing, he changed the national policy to make testing a routine part of medical care."


Le prix décerné porte le nom d'Ibrahim Mo, un milliardaire d'origine soudanaise qui a révolutionné le mobile en Afrique avec la compagnie qu'il a créée puis revendue Celtel.

samedi, octobre 18, 2008

Je ne suis pas moi

Je ne suis pas moi
Je suis celui qui marche près de moi
que je ne vois pas
Celui que je visite parfois
et que j'oublie d'autres fois
Celui qui me pardonne
quand je mange des friandises
Celui qui marche dans la nature
quand je suis à l'intérieur
Celui qui demeure silencieux
quand je parle
Celui qui se tiendra debout
quand je mourrai

So what ?

Un samedi ensoleillé et des notes qui s'élèvent dans le ciel pour ponctuer la quiétude tant attendue du week-end. J'ai connu pire dans la vie. En remerciements, je vous "offre" un des meilleurs titres de Miles Davis : So what.



mardi, octobre 07, 2008

Quick hits : Ousmane Sow, Thabo Mbeki, Lapiro

  • Portrait du sculpteur Sénégalais Ousmane Sow dans le journal LeMonde.
"C'est ici, à Dakar, qu'Ousmane Sow a inventé sa mixture secrète, faite d'une vingtaine de produits (colle, sable, peinture...), plus ou moins longtemps macérés, potion mythique avec laquelle il "gâche" ses statues. C'est ici, dans la cour-atelier de sa maison de Yoff, quartier résidentiel de la capitale sénégalaise, qu'ont surgi ses premiers grands hommes : après Victor Hugo (une commande de Médecins du monde, dont la copie a été installée cette année à Besançon, la ville natale du poète), après Nelson Mandela (acheté par l'homme d'affaires François Pinault), Charles de Gaulle à son tour a émigré."

  • Afrique du Sud : la fête des cannibales par Achille Mbembe (Le Credit a Voyagé). Point de vue sur la crise qui n'en finit pas de secouer l'Afrique du Sud et dont les répercussions se feront sentir à travers tout le continent. Exit Thabo Mbeki et après? Affaire à suivre.
"Le Chef de l’État sud-africain n’aura donc pas achevé son deuxième et dernier mandat. Il vient d’etre défenestré par son parti, le Congrès National Africain Thabo Mbeki n’aura pas seulement été rejeté par l’ANC qu’il rejoignit à l’âge de 14 ans et, après la libération, en devint le premier apparatchik. Il aura littéralement été dévoré par « le mouvement » – point culminant d’un interminable rituel d’anthropophagie politique qui s’est poursuivi pendant près de deux ans et qui aura profondément traumatisé ce jeune-vieux pays."(ANC), dans une cabale qui présente les traits combinés d’un repas totémique au cours d’une fête des cannibales, d’un putsch civil et d’un médiocre roman postcolonial."
"Grand Ndinga Man,
L`heure est grave, tu le sais aussi bien que moi. Nous avons épuisé notre stock de naïveté et de patience. Nous ne pouvons continuer ni d`attendre le Messie, ni de compter sur la bande de braves hurluberlus qui jouent à être les leaders de l`opposition. Comme leur double d`Etoudi, ils sont mentalement épuisés. Nous devons même avoir pitié d`eux, honorer leur service à la nation, et les envoyer au musée de l`histoire dont ils n`auraient jamais dû sortir.
Nous devons prendre notre destin en mains. Car personne d`autre ne le fera à notre place. Ni ces hauts cadres de l`administration obnubilés par le énième remaniement ministériel, ni les officiers de l`armée, transformés pour la plupart en propriétaires immobiliers ou en commerçants, ni même la fameuse communauté internationale, qui n`a jamais cru un seul instant que les Africains méritaient eux aussi de choisir librement leurs dirigeants. Il suffit d`observer le silence complice de ces promoteurs de la démocratie, qui n`hésitent pas à faire le tour du monde pour aller imposer leur conception de la liberté en Irak, qui se mobilisent pour encourager le changement en Ukraine ou au Kosovo, mais sont aux abonnés absents lorsqu`il s`agit du Cameroun, de la Côte d`Ivoire, du Tchad ou du Congo."

samedi, septembre 27, 2008

If BS were currency, Palin could bail out Wall Street herself



Une des forces que je reconnais à la candidate à la vice-présidence des USA, Sarah Palin c'est son côté drôle malgré elle. Passés l'effet de surprise de sa nomination et les inquiétudes qu'elle pourrait récupérer à son profit les intentions de vote du sénateur de New York Hillary Clinton, on en sait un peu plus sur le gouverneur de l'Alaska, état aux confins du Nord Ouest américain peuplé de près de 680 000 âmes.

Notre amie Sarah, partisante du port des armes et de la lutte contre l'avortement (même en cas de viol ou d'inceste) a quelques casseroles derrière elle (Google vous en dira plus que moi à ce sujet). Je ne les détaillerai pas ici car ce n'est pas ce qui m'amuse le plus chez elle. 3 semaines après la convention républicaine où force est de reconnaître que sa prestation avait été plus qu'honorable, notre chère Sarah Palin inquiète par le nombre d'inepties qu'elle a pu débiter au long de ses (rares) entretiens avec la presse. Comme nos amis républicains ne pouvaient décidément la cacher trop longtemps il a bien fallu qu'elle parle à la presse et il en résulte qu'elle s'emmêle un peu les fiches. Extraits choisis de l'article de Fareed Zakaria dans le Newsweek de cette semaine:
"CBS's Katie Couric questioned her in her trademark sympathetic style. It didn't help. When asked how living in the state closest to Russia gave her foreign-policy experience, Palin responded thus:

"It's very important when you consider even national-security issues with Russia as Putin rears his head and comes into the airspace of the United States of America. Where—where do they go? It's Alaska. It's just right over the border. It is from Alaska that we send those out to make sure that an eye is being kept on this very powerful nation, Russia, because they are right there. They are right next to—to our state."

En clair, parce que pour se rendre aux USA les Russes survolent l'Alaska, cela confère au gouverneur de cet état proche de la Russie (par l'Ouest) une expérience en politique étrangère. Vous avez tout suivi? Soit vous êtes en train de pouffer de rire, soit vous vous demandez si vous avez la berlue, mais en tous les cas vous avez bien lu. Le florilège de conneries ne s'arrête pas là pour notre plus grand désespoir.

"COURIC: Why isn't it better, Governor Palin, to spend $700 billion helping middle-class families who are struggling with health care, housing, gas and groceries; allow them to spend more and put more money into the economy instead of helping these big financial institutions that played a role in creating this mess?

PALIN: That's why I say I, like every American I'm speaking with, were ill about this position that we have been put in where it is the taxpayers looking to bail out. But ultimately, what the bailout does is help those who are concerned about the health-care reform that is needed to help shore up our economy, helping the—it's got to be all about job creation, too, shoring up our economy and putting it back on the right track. So health-care reform and reducing taxes and reining in spending has got to accompany tax reductions and tax relief for Americans. And trade, we've got to see trade as opportunity, not as a competitive, scary thing. But one in five jobs being created in the trade sector today, we've got to look at that as more opportunity. All those things under the umbrella of job creation. This bailout is a part of that."

Euh ??? Elle est sérieuse là? @&!!§ does that mean? Stop ou encore? Quand la journaliste Katie Couric lui indique que les sondages donnent un léger avantage à Barack Obama en raison de la crise financière, Sarah Palin a une réponse toute trouvée :

I’m not looking at poll numbers. What I think Americans at the end of the day are going to be able to go back and look at track records and see who’s more apt to be talking about solutions and wishing for and hoping for solutions for some opportunity to change, and who’s actually done it?

Exprimer des réserves sur les capacités et qualifications de Palin c'est courir le risque de se voir taxer d'anti-féministe. Etant femme, je cours ce risque :) Et visiblement je ne suis pas la seule si j'en crois la tribune de Kathleen Parker intitulée "Palin Problem : she's out of her league" parue il y a quelques jours La charge est sans appel :
dans la très conservatrice National Review Online.

"Quick study or not, she doesn’t know enough about economics and foreign policy to make Americans comfortable with a President Palin should conditions warrant her promotion. (...) Like so many women, I’ve been pulling for Palin, wishing her the best, hoping she will perform brilliantly. I’ve also noticed that I watch her interviews with the held breath of an anxious parent, my finger poised over the mute button in case it gets too painful. Unfortunately, it often does. My cringe reflex is exhausted. Palin filibusters. She repeats words, filling space with deadwood. Cut the verbiage and there’s not much content there."

On pourrait en sourire, mais cela en est presque inquiétant car l'Américain moyen saura t'il reconnaître dans ce défilé de mots-clés énoncés de manière assurée le creux des idées et l'absence de suite dans celles-ci? Pas sûr...

Que faire? Mc Cain ne pouvant que se mordre les doigts à défaut de se dédire pourrait avec d'autres convaincre la dame de se retirer de cette course noble pour son pays pour s'occuper de ce qui est encore plus cher que la nation c'est à dire la famille. Elle en retirerait un crédit inestimable et nous épargnerait de bonnes bouffées de rire. Allez Sarah, rendez-vous Vendredi pour le débat des VP, je suis sûre qu'on va bien se marrer. Et pour ceux qui pensent qu'elle tient la comparaison avec Hillary Clinton, je leur répondrais juste une chose : please!

Cheers

L.

jeudi, septembre 18, 2008

Cameroun 1958, la guerre cachée de la France

Article paru dans le journal Libération du 17 Septembre 2008.

"Elles sont trois au centre de l’image : trois têtes posées sur le sol. Trois têtes de jeunes hommes au visage tuméfié. Cette photo est l’un des rares témoignages subsistant, aujourd’hui au Cameroun, de la répression impitoyable menée par l’armée coloniale française contre l’Union des populations du Cameroun (UPC) et son leader, Ruben Um Nyobè, abattu il y a tout juste cinquante ans, le 13 septembre 1958.

La guerre contre ce parti politique, qui réclamait l’indépendance, a duré près de quinze ans et fait, selon les estimations, plusieurs dizaines de milliers de morts, voire des centaines de milliers de victimes. Mais elle fait l’objet d’un gros trou de mémoire en France et au sommet de l’Etat camerounais.

C’est en 1948, dans le milieu syndical de la cité portuaire de Douala, que l’UPC a vu le jour. Le pays est alors coupé en deux : d’abord colonie allemande, il a été placé en 1919 par la Société des Nations sous la tutelle française pour sa partie orientale, et britannique pour sa partie occidentale. Rapidement, les revendications de l’UPC - indépendance et réunification - deviennent extrêmement populaires, en particulier dans l’ouest et le sud du pays, les pays bamiléké et bassa, qui ont particulièrement souffert du système de prédation et du travail forcé imposés par les Allemands, puis les Français. La personnalité exceptionnelle de Ruben Um Nyobè, intellectuel intègre, humaniste et pacifiste, joue beaucoup : «Mpodol» («celui qui porte la parole des siens», en langue bassa), comme le surnomment ses partisans, jouit d’une formidable aura.

Pour plaider la cause nationaliste, Um Nyobè se rend à trois reprises au siège de l’ONU à New York. Mais si les autorités françaises envisagent l’indépendance du Cameroun, elles ne veulent pas confier les rênes du pouvoir à l’UPC. Elles dispersent violemment ses manifestations et ses réunions et elles finissent par l’interdire en juillet 1955. Les leaders du mouvement choisissent alors la clandestinité ou l’exil. Acculée, l’aile radicale du parti décide de répondre à la violence par la violence : elle prend le maquis dans le sud du pays, y installe une administration parallèle, et se lance dans des actions de guérilla. En retour, les autorités coloniales imposent un régime de terreur. Sous la direction du haut-commissaire du Cameroun de l’époque, Pierre Messmer, elles utilisent les méthodes alors en cours en Algérie : traqués, présentés comme des «terroristes», les «upécistes» sont infiltrés, arrêtés, torturés, déportés, assassinés, décapités. Des dizaines de villages sont rasés, d’autres bombardés au napalm, leurs populations sont déplacées, regroupées dans des camps pour couper les «maquisards» de leur soutien populaire. La répression cible en particulier l’ethnie bassa, principal vivier de la rébellion.

«Des machettes contre des armes automatiques»

«Il y avait un couvre-feu à partir de 20 heures. L’armée encerclait alors le quartier et on entendait des coups de feu d’intimidation jusqu’au matin. Comme les balles traversaient parfois les maisons, nous dormions sous nos lits», se souvient Raphaël, un habitant de Douala. «Tous les matins, on trouvait des têtes coupées exposées sur les trottoirs : elles étaient destinées à effrayer les gens et leur dire "ne rejoignez pas le maquis, vous finirez comme eux"», témoigne la journaliste Henriette Ekwé, alors enfant. Dans le maquis aussi, la vie est infernale : «C’était une guerre asymétrique : nous n’avions que des machettes à opposer aux armes automatiques de l’armée française. En forêt, où nous vivions, nous n’avions rien à manger» , se souvient un ancien résistant.

En France, ces événements passent quasiment inaperçus : la presse est préoccupée avant tout par la guerre d’Algérie. Surtout, très peu d’informations filtrent du Cameroun, parce que «c’était une guerre de professionnels», sans appelés du contingent, contrairement à l’Algérie, souligne l’historien français Gabriel Périès. D’ailleurs, la France n’a officiellement jamais été en guerre au Cameroun et le corps expéditionnaire y a été «envoyé pratiquement dans une semi-clandestinité», ajoute Périès.

En 1958, le refuge d’Um Nyobè est découvert. Il est tué alors qu’il tente de s’enfuir. Son corps, ensanglanté et défiguré, est enterré à la va-vite par les autorités coloniales et recouvert d’une dalle de béton.

Le Cameroun accède finalement à l’indépendance en 1960. Mais il reste sous l’étroit contrôle politique et économique de la France et du M. Afrique de De Gaulle, Jacques Foccart, qui impose à sa tête le président Ahmadou Ahidjo. Ceux qui dirigent ainsi l’Etat camerounais «n’ont jamais combattu pour l’indépendance mais ont été contraints de l’accepter» , souligne l’historien Emmanuel Tchumtchoua, qui note que «l’indépendance n’a pas mis fin à l’injustice et à la discrimination du régime colonial». L’UPC poursuit la lutte de libération dans l’Ouest, en plein pays bamiléké, via sa branche armée, l’Armée de libération nationale du Kamerun (ALNK). Ahidjo la combat sur le mode de la politique de la terre brûlée et avec l’aide active de l’armée française, qui est restée sur place jusqu’en 1964 pour former son homologue camerounaise. Les deux Maurice, Delaunay et Robert - des proches de Foccart -, supervisent la liquidation des maquis «upécistes» avec le chef des services camerounais, Jean Fochivé. «Dans chaque village, il y a eu de nombreux morts»,le Jour. «Seize membres de ma famille ont été exécutés le même jour. On n’a jamais su ce qu’on leur reprochait.» Des bandes de pillards se mêlent aux rebelles et sèment la confusion. Le village de Badenkop, siège de l’état-major de l’ALNK, a été «complètement vidé» de sa population et incendié. Comme plusieurs centaines de milliers d’autres, ses habitants ont été parqués dans un camp pendant quatre ans. «Seules deux ou trois personnes étaient autorisées à sortir chaque jour du camp» , raconte un habitant. raconte un journaliste originaire de l’Ouest, Denis Nkwebo, du quotidien privé

C’est en 1971 que la guerre prend officiellement fin avec l’arrestation d’Ernest Ouandié, dernier chef de l’UPC, exécuté sur la place publique de la ville de Bafoussam. Mais les autorités continuent à entretenir un climat de terreur. «Jusqu’au début des années 90, on ne pouvait pas prononcer le nom d’Um Nyobè et de l’UPC. Sinon, on disparaissait», explique Samuel Mack-It, actuel président d’un parti héritier de l’UPC, non reconnu légalement. La chape de plomb n’a été levée que très furtivement en 1991, avec l’instauration d’un semblant de démocratie. Par calcul politique, le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, «réhabilite» tout à la fois Ahmadou Ahidjo, condamné à mort par contumace en 1984, Ruben Um Nyobè, Ernest Ouandié et un autre responsable de l’UPC, Félix Moumié, mort empoisonné à Genève en octobre 1960, apparemment par les services secrets français. Mais Biya veille surtout à phagocyter ce qui reste de l’UPC.

«Comme si le pays n’avait pas d’histoire»

Aujourd’hui, la guerre qui a ensanglanté le Cameroun, tout comme le nom d’Um Nyobè et de ses camarades, sont rarement évoqués. Il n’existe aucun monument pour rappeler leur combat. Ils ne sont que brièvement mentionnés dans les manuels d’histoire. Cette indifférence vis-à-vis des héros de l’indépendance fait du Cameroun «un cas à part en Afrique» , souligne l’historien Tchumtchoua. «Il y a en réalité deux mémoires en conflit : celle, idéalisée, de l’UPC, et celle que veut fabriquer le pouvoir pour se maintenir. Selon cette dernière, les "upécistes" n’étaient rien d’autres que des bandits.» Quant à ceux qui ont survécu à cette période, «ils ont du mal à raconter, et ceux qui racontent un peu ne le font pas avec sérénité. Les plaies sont encore béantes. Beaucoup sont encore traumatisés et ont peur» , observe Henriette Ekwé.

Résultat, la jeunesse camerounaise ne sait pas grand-chose de ces années sombres qui ont pourtant orienté la suite du parcours du pays. «C’est comme s’il n’y avait pas d’histoire, or un pays sans histoire est comme une maison sans fondations» , déplore un ancien résistant, qui, comme les autres, vit aujourd’hui dans la misère.

«La période propice à l’émergence de notre conscience est en train d’arriver» ,«Tout se dira alors. On aura certes perdu des détails, mais l’histoire ne peut pas s’effacer. Il y a des mécanismes pour garder le souvenir : des berceuses et des chants évoquent d’une manière indirecte cette période.» Déjà, une petite association composée d’anciens upécistes, de veuves et d’orphelins de résistants, l’Association des vétérans du Cameroun (Asvecam), a vu le jour, en 2005 à Douala, pour «poser le devoir de mémoire». «Nous voulons faire comprendre aux jeunes qu’il y a eu des hommes de cœur, des altruistes qui se sont mis au service de leur pays sans attendre de manière immédiate une récompense ou une compensation», explique un de ses membres. Mais pour que les jeunes puissent se référer à ces figures, «il faut faire leur deuil, ce qui n’a jamais été fait : on ne les a pas enterrées, ni pleurées comme il le fallait, rappelle Tchumtchoua. Um Nyobè et Ouandié n’ont pas été inhumés selon les rituels traditionnels. Au contraire, on s’est acharné sur leurs cadavres, et en procédant ainsi, on leur a dénié le titre d’ancêtres. Ceux qui l’ont fait savaient ce qu’ils faisaient. » Rien ne se fera probablement sous le régime Biya, qui n’est que «le prolongement du régime néocolonial d’Ahidjo», souligne Henriette Ekwé. «D’autant que des responsables actuels de l’armée ou de la police ont été de grands tueurs dans les années 60.» Ce n’est probablement pas non plus le pouvoir actuel qui demandera à la France de «reconnaître les massacres qu’elle a commis au Cameroun», déplore le président de l’Asvecam, Mathieu Njassep, ancien secrétaire d’Ernest Ouandié. Pourtant, «les responsabilités doivent être établies» , plaide-t-il. Nous reconnaissons, nous, que certains de nos camarades ont fait des choses qui n’étaient pas correctes. Chaque partie doit assumer sa part de responsabilité.» Mais en France le black-out est total. «C’est incalculable le nombre de fois où nous nous sommes vus répondre, que ce soit par des personnes qui ont travaillé du côté de l’armée française, des services de renseignements ou des responsables politiques : "Mais il ne s’est rien passé au Cameroun !" Comme s’il y avait un pacte qui dit qu’il ne faut rien raconter. C’est assez troublant», témoigne Gaëlle Le Roy, auteure, avec Valérie Osouf, du documentaire Autopsie d’une indépendance (2008). Aucun militaire français présent dans le pays entre 1955 et 1964 n’a accepté de témoigner. estime cependant Tchumtchoua.

«Le fait qu’on ait utilisé des armes interdites comme le napalm explique aussi ce grand silence» , renchérit Gabriel Périès. François Gèze, le directeur des éditions de la Découverte, prépare avec trois jeunes historiens, français et camerounais, un ouvrage sur la question qui complétera les rares écrits des historiens Richard Joseph et Achille Mbembe ou de l’écrivain Mongo Beti : «C’est une guerre secrète à tous les égards : elle n’est absolument pas documentée sur le plan historique.» Pourtant, «cette guerre "qui n’a jamais eu lieu" est dans les archives, souligne Périès. Mais si on ouvre réellement celles-ci, il y aura un problème : la destruction totale ou partielle d’un groupe social, d’une race ou d’un groupe ethnique [les Bassas et les Bamilékés, ndlr] est considérée comme un génocide et c’est un crime imprescriptible…» Peu de chance, donc, qu’elles soient rendues accessibles tant que certains acteurs impliqués sont en vie."



jeudi, août 28, 2008

If you want a taste of freedom, keep going

If you hear the dogs, keep going. If you see the torches in the woods, keep going. If they're shouting after you, keep going. Don't ever stop. Keep going. If you want a taste of freedom, keep going.


Citant Harriet Tubman quand elle invitait les esclaves à ne pas abandonner leur combat pour la liberté, Hillary Clinton, candidate malheureuse à l'investiture du parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine a livré un des meilleurs discours de sa carrière politique. Sans ambages, elle a invité les 18 millions d'américains qui l'ont soutenue à porter avec elle Barack Obama au poste de commandeur en chef en Novembre prochain. Le mot d'ordre de ce discours fort était l'unité; gageons que l'attaque ne saura manquer de porter ses fruits tant les valeurs et concepts du parti démocrate qui y sont énoncés (système d'imposition progressif, assurance médicale et sécurité sociale) sont au coeur des préoccupations de l'américain moyen et du pays réel.



Merci Hillary, à toi Barack...

dimanche, août 10, 2008

Reality TV stars & friends

Un des thèmes récurrents parmi les participants des émissions de télé réalité est qu'ils ne sont pas là pour se faire des amis. Il est fort à parier que dans la vraie vie, cela leur serait de toute façon assez difficile.



Source: Today's Big Thing.


Douala toujours classée parmi les villes les plus chères au monde

Le classement 2008 du cabinet de conseil en ressources humaines Mercer révèle que le coût de la vie à Douala la classe toujours parmi les villes les plus chères au monde en 34ème position derrière Lagos, qui passe de la 37ème position à la 30ème.




related : Douala vs Los-Angeles 1-0

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J'ai 85 co-épouses

via BBC. Si vous êtes la femme de ce Nigérian de 84 ans, c'est peut-être votre cas. Il a 86 épouses et près de 170 enfants et toute cette énergie lui viendrait de Dieu. On ne demande qu'à le croire... Adepte de la polygamie et autres, il semblerait que si vous le lui demandez gentiment il vous épouserait. Petit hic, le sieur n'est pas sûr de pouvoir subvenir à vos besoins et à ceux des enfants que vous aurez éventuellement avec lui. Une gageure au regard du reste n'est-ce pas? On leur souhaite bien du courage...

Social Networking Is Not a Business

Dans le dernier numéro du magazine du MIT Technology Review, un article intéressant sur comment tirer profit de la manne des réseaux sociaux. MySpace, Facebook et autres se demandent encore comment générer des $$$ avec la kyrielle d'utilisateurs qui naviguent sur leurs sites chaque jour? Réponse : c'est pas aussi simple qu'il y en a l'air. Une des raisons étant que les utilisateurs de ces sites viennent pour discuter avec leurs amis et non pour acheter, il en résulte qu'ils tendent à ignorer superbement les publicités que leur servent des algorithmes compliqués. Si l'on ajoute à cela une certaine susceptibilité (rappelez vous du lancement en grande pompe du programme Beacon sur Facebooks et du tollé qui s'en est suivi) sur les questions qui concernent la vie privée et l'utilisation (entendez la divulgation moyennant finances) par des sociétés tierces de nos préférences vous avez l'équation à plusieurs inconnues devant vous.

Web 2.0--the dream of the user-built, user-centered, user-run Internet--has delivered on just about every promise except profit. Will its most prominent example, social networking, ever make any money?

Extrait choisis

Social networking is the fastest-growing activity on Web 2.0--the shorthand term for the new user-centered Internet, where everyone publicly modifies everyone else's work, whether it's an encyclopedia entry or a photo album. The growth of social networking is astonishing, and it has spread to sites of all sizes, which are increasingly intertwined as platforms open. [...] The problems with social-network advertising revolve around three main issues: attention, privacy, and content.

Advertising on Google works because visitors come to Google looking for specific information. If a user who types "scooter" in the site's search field is hoping to buy a scooter, the keyword ads that appear at the right of the search results can be more useful than the results themselves. In social networks, on the other hand, users show up to find friends; ads are, at best, irrele­vant to that goal. The click-through rates on social-­networking sites bear this out. While around 2 percent of Google users actually click on a given ad (and the number is much higher when users are conducting searches for purchasing reasons), fewer than .04 percent of Facebook users do, according to a media buyer's report obtained last year by the Silicon Valley blog Valleywag.

Targeting is at the core of traditional advertising; [...] in the case of social-networking sites, targeting means sifting through the data in your profile to get an idea of what you're interested in. Social networks know more about you, your preferences, and your behavior than most businesses, and profiles are generally considered, in the words of former Fox Interactive Media executive Ross Levinsohn, "digital gold." Mining that gold is the best way for a social-networking site to make money--but, given users' attitudes toward privacy, the trickiest.


Une "petite" lecture conseillée à tous les wannabe rich de la nouvelle bulle et autres aficionados des réseaux sociaux.


samedi, août 09, 2008

Ouverture des JO à Pékin, et pendant ce temps...


C'était la 8eme minute de la 8eme heure du 8eme jour, du 8eme mois, de la 8eme année du siècle.

Mille mercis à Amina pour le lien de cet article de Hakim Lalâam qui fait très très fort

Bilan de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Pékin : 4 malaises cardiaques, 3 évanouissements et 2 dépressions nerveuses dans les rangs du…

…Comité britannique d’organisation des Jeux de 2012 !

Tu regardes la cérémonie des Jeux olympiques. Déjà, tu te pinces pour te demander si tu fais encore partie de la même galaxie, du même espace temps, de la même dimension. T’as de sérieux doutes. Surtout lorsque des enfants qui peignaient une superbe fresque au sol s’envolent soudain et que tout autour d’eux, le ciel de Pékin s’embrase de mille feux d’artifice. T’es dans cet état d’esprit-là, vacillant presque sur ton appartenance à cet univers littéralement post-moderne lorsque le téléphone sonne et qu’une voix haletante t’appelle de M’sila [une ville à l'intérieur du pays] . Sur un rythme d’enfer, tel un staccato d’arme automatique, ton interlocuteur t’apprend coup sur coup qu’un mec est passé sur le corps d’un autre mec avec sa voiture, qu’ensuite, la population d’une localité dénommée Sidi Aïssa s’est dirigée en nombre pour brûler l’hôtel du père du gars qui a écrasé l’autre gars, vous suivez ? Ripostant à la tentative d’incendie, le proprio et ses vigiles tirent sur la foule, tuant 3 personnes et en blessant 56 autres. Au bout d’un moment et de beaucoup de sang versé, les assaillants, devinant que les chargeurs étaient vides, investissent l’hôtel, le brûlent et lapident le papa du gars qui avait écrasé un autre gars avec sa voiture, vous suivez toujours ? Avant de se retirer des lieux de ce carnage, une partie des assaillants traîne sur plus de 200 mètres le corps du propriétaire de l’hôtel. Sous le choc, tu raccroches le téléphone. Pour le reprendre aussitôt. Un autre appel. Une voix horrifiée t’apprend cette fois-ci que les supporters d’El-Harrach et du Mouloudia d’Alger se sont affrontés à coups de sabres, de couteaux et de haches, à Rouiba, en proche banlieue d’Alger. Là, tu raccroches. Dégoûté, tu éteins carrément ton mobile. Et tu reprends en direct la retransmission de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques. Pour entendre le reporter dire ceci : «Présent à Pékin, le président Bouteflika a annoncé la construction prochaine par les Chinois d’un grand opéra à Alger.» Forcément, quelque part, entre l’hôtel brûlé de M’sila, les portes du stade de Rouiba et le futur gigantesque opéra d’Alger, y a un truc qui déconne dans cette histoire. Forcément. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.

H. L

et pendant ce temps...


image : lever du drapeau Camerounais sur le village olympique. Source: Beijing2008

dimanche, juillet 20, 2008

Quick Hits : Technology in Nairobi, Vivre a Paris, Obamania

  • Inside Nairobi, the next Palo Alto? (via International Herald Tribune)
    "Still, Nairobi is home to a digital brew that invites optimism about its chances for creating unusual innovations. The city has relatively few wired phone lines or networked personal computers, so mobile phones are the essential digital tool. Four times as many people have them as have bank accounts. Text messages are far more popular than e-mail. Safaricom, the dominant mobile provider, offers a service called M-pesa that lets customers send money with text messages."
  • How to enjoy la vie parisienne (via the Economist). Tips for a successful business trip in Paris. Très juste et assez instructif pour moi aussi.
  • Welcome, Mr would-be President (via the Economist), should we temper the Obamania?
    "IF THE business of electing the most powerful man in the world were up to the world, rather than just those pesky Americans, Barack Obama would face no contest [...] On all these fronts, in fact, there are doubts: doubts as to just what Mr Obama’s positions as president would actually be, and doubts over what he could get through Congress. Those doubts will not stop the crowds turning out for him, even if he fails to commandeer the Brandenburg Gate as his backdrop. But the fans should bear in mind that what they see is not precisely what they will get."


Cure d'amaigrissement pour les compagnies aeriennes

Article intéressant sur le blog de Paul Kedrosky sur la course au "slim fast" engagées par certaines compagnies aériennes dans le but d'avoir des avions plus légers et donc consommer moins d'essence.
Revue de détail:
  • One airline saved over 17 gallons/year per pound of weight per airplane after shedding inflight phones, ovens, excess potable water, and some galley equipment on an older fleet
  • In removing seatback phones from its MD-80s and B737-400s, another airline shed 200 pounds per airplane, translating into 3,400+ gallons saved annually
  • Alaska Airlines indicated in March 2004 that removing just five magazines per aircraft could save $10,000 per year in fuel; also, the airline has reduced the weight of catering supplies
  • Air Canada considered stripping primer and paint from its 767s to save 360 lbs. per plane
  • JetBlue and US Airways and others have moved toward a paperless cockpit
  • By removing six seats, JetBlue reduced A320 weight by approximately 904 pounds
  • Airlines have been able to remove ovens, trash compactors, or even entire galleys, due to the elimination of hot meals on selected flights; others are using lighter seats; they have also removed magazine racks and replaced hard cabin dividers with curtains
  • AirTran ordered carbon fiber Recaro seats for its 737-700s to shave 19.4 pounds per row, resulting in estimated fuel savings of $2,000 per year per aircraft
  • Alaska’s new beverage cart, at 20 lbs. lighter, could save $500,000 in annual fuel costs
  • Some airlines flush lavatories during extended ground delays to minimize takeoff weight
  • A transmettre aux dirigeants de notre chère défunte-mais-pas-tout-a-fait-mort Cameroon AirLines. Economiser les sur excédents de kilos dont raffolent certains de ces passagers pourrait contribuer à l'allègement de la facture finale d'essence. CQFD...

    mardi, juillet 15, 2008

    bon, et où va t'il le sieur Eto'o?

    Il y en a beaucoup qui se le demandent, mais la chaîne de sports ESPN croît savoir qu'il défendre le maillot vert-rouge-jaune aux prochains jeux olympiques à Pékin. “I think I am going to be called, but because I’m here, I don’t have all the information,” said Eto’o, a striker from Cameroon, on Saturday to the New York Times.

    I have heard rumors that they want me,” Eto’o said. “Whether I want to or can go or not is not yet certain. It is always an honor to defend the jersey of your country in a tournament like the Olympics. It’s not something for every day. And you know I have won there, against Ronaldinho."


    Concernant cses intentions de rester au Barça l'année prochaine, Eto'o a été plus qu'évasif préférant contourner la question délicate de son avenir en répondant qu'il était off et en vacances.

    Eto’o, too, who has scored 77 goals in 108 games for Barcelona since 2004, could be ticketed out of Spain after the club’s new coach, Pep Guardiola, said that Eto’o and Ronaldinho did not figure into his plans.

    Eto’o responded: “I’m on vacation, I don’t think about those things now.” “I don’t even look at the Internet until I go back to work,” said Eto’o, who has been linked with moves to England and Italy.

    “The new trainer has the right to make the team he wants, you have to respect that, and that’s it. I am in no situation to say anything because I am on vacation, and here in the U.S., I’m disconnected from the whole soccer world. Football to get here takes three days!”


    affaire à suivre...

    L'ambassadeur renvoyé parce qu'il portait le mauvais oeil ?

    Que ne faut-il pas entendre et encore moins lire? La nouvelle parue dans le journal le Monde m'a tout de même laissée pantoise. L'ambassadeur de France renvoyé de Madagascar pour conjurer son mauvais oeil. Le président Marc Ravalomanana a demandé le rappel de Gildas Le Lidec, ambassadeur de l'Hexagone accrédité dans la Grande île.

    "Je regrette profondément que le président de la République malgache ne m'ait pas accordé la moindre chance de pouvoir accomplir l'exaltante mission dont je rêvais depuis longtemps." C'est en ces termes on ne peut plus diplomatiques et sibyllins que l'ambassadeur de France à Madagascar, Gildas Le Lidec, a annoncé, lundi 14 juillet, que le président malgache avait demandé et obtenu son rappel prématuré à Paris.

    La raison de la défiance dont est victime le diplomate tient, selon les responsables français, à la personnalité du président Ravalomana, "un homme jeune à la fois moderne et superstitieux, voire arriéré". Le président malgache redouterait d'être victime du "mauvais oeil" de M. Le Lidec. L'ambassadeur de France était en poste à Kinshasa lors de l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila, tout comme il était à Abidjan lorsque des rebelles ont tenté - en vain - un coup d'Etat contre le président Laurent Gbagbo. "On sait qu'il a parlé de Le Lidec avec le président ivoirien", confirme-t-on à Paris.

    La France sait désormais que, pour succéder à M. Le Lidec, il lui faut envoyer dans la Grande Ile un diplomate qui n'a connu ni coup d'Etat, ni assassinat politique.


    On leur souhaite bonne chance ...

    vendredi, juillet 11, 2008

    Qui ne pas épouser ou le guide du mari idéal

    Lecture ô combien drôle de la dernière chronique de Maureen Dowd du New York Times sur le sujet en vogue depuis la nuit des temps "an Ideal Husband". Elle y relate les conseils qu'un prêtre donne aux postulants au mariage pour repérer le "bon" époux. Revue de détail de conseils qui découlent somme toute du bon sens:
    • Never marry a man who has no friends
    • What do your friends and family members think of him? Sometimes, your friends can’t render an impartial judgment because they are envious that you are beating them in the race to the altar. Envy beclouds judgment.
    • Does he use money responsibly?
    • Is he overly attached to his mother and her mythical apron strings?
    • Does he have a sense of humor? That covers a multitude of sins.
    • A therapist friend insists that ‘more marriages are killed by silence than by violence.’ The strong, silent type can be charming but ultimately destructive.
    • Don’t marry a problem character thinking you will change him. He’s a heavy drinker, or some other kind of addict, but if he marries a good woman, he’ll settle down. People are the same after marriage as before, only more so.
    • Take a good, unsentimental look at his family (...) Is there a history of divorce in the family? An atmosphere of racism, sexism or prejudice in his home?
    • Are his goals and deepest beliefs worthy and similar to yours?
    • Does he possess those character traits that add up to a good human being — the willingness to forgive, praise, be courteous? Or is he inclined to be a fibber, to fits of rage, to be a control freak, to be envious of you, to be secretive?

    Qu'en pensez vous? Ca élimine un bon nombre d'hommes (peut-être le vôtre), mais comme le dit si bien l'article nul n'est parfait et donc votre chère moitié a autant de défauts que le reste de l'humanité - vous y compris!-. J'ai envoyé l'article à ma moitié, il en a ri, enfin je crois...


    mercredi, juillet 09, 2008

    Kingdom Come by Thomas Hawk



    Cette photo prise par Thomas Hawk, un de mes photographes favoris sur Flickr est simplement à couper le souffle. What ya'll think?

    Source image : Thomas Hawk's Flickr

    dimanche, juillet 06, 2008

    Cameroon Football Fever : a field of dreams

    Beaucoup de nos jeunes rêvent de devenir le prochain Eto'o Fils (dont l'avenir au Barça est encore incertain) et d'être la prochaine star du football Camerounais. Un article sur la fièvre footballistique qui touche notre pays, intitulé Field of Dreams dans le Time Magazine relate comment ces espoirs peuvent vite tourner à la désillusion pour des centaines de jeunes qui tentent leur chance et s'en remettent à des intermédiaires peu scrupuleux dans la perspective de se faire recruter par un grand club européen.

    Leaving. That word holds rare promise in this central African country. In a region with outsized corruption and limited opportunities, leaving Cameroon — and the continent — can transform lives of grinding poverty and rewrite an entire family's history. And among Yaoundé's one million or so residents, who live mostly in cramped shanties with patchy electricity and little indoor plumbing, it is football that holds more promise — and potential peril — than any other way out.
    [...] in europe, hundreds of african youths have told immigrant-support groups that they have been brought to the Continent by unscrupulous agents, who seemingly had acted as freelancers with no authority from European clubs.



    dimanche, juin 29, 2008

    On s'en fout, on n'y va pas

    La prophétie d'Emmanuel Mbella Lifafe Endeley

    Emmanuel Mbella Lifafe (EML) Endeley Prophecy's on Southern Cameroon future via Dibussi Tande's blog. Bien que je sois loin d'être d'accord avec tout ce que relate Dibussi, je pense que c'est la vie d'EML Endeley, (Bakweri de Victoria, Emmanuel Mbella Lifafe Endeley est désigné en 1957 comme le 1er premier ministre du Southern Cameroon) mérite d'être connue par plus de franchophones et que des idées ont une portée historique non négligeable sur le devenir de notre pays et pas seulement dans la partie anglophone. Prophétique ou pas, il appelait ses compatriotes à se prononcer contre la réunification avec le Cameroun francophone en ces termes :
    If you vote for Cameroun Republic, you will invite a new system under which everyone lives in fear of the police and army. You will not be free to move about; you cannot lecture freely or discuss your political views in public; ...and you can be arrested and flogged by the police and even imprisoned without a fair trial .
    " Who amongst you ", he asked, "would like to live in French Cameroun, a country red with the blood of thousands of innocent victims killed by terrorists and the Ahidjo regime...who amongst you will like to live in a country which lacks complete respect for human dignity and where you cannot speak out your mind freely or pursue your business in peace... Who amongst you will like your children to grow up in servitude?... That will be our lot if we join French Cameroun.

    Zimbabwe : the status quo cannot continue

    Si Morgan Tsvangirai ne sera pas le prochain président du Zimbabwe, il est favori pour obtenir le Nobel de la Paix; c'est en tous les cas la prédiction d'un des éditorialistes du Wall Street Journal dans un article intitulé "The Bush doctrine is relevant again" via Africa Unchained

    Zimbabwe is now another spot on the map of the civilized world's troubled conscience. Burma is also there, along with Tibet and Darfur. (Question: When will "Free Zimbabwe" bumper stickers become ubiquitous?) These are uniquely nasty places, and not just because uniquely nasty things are happening. They're nasty because the dissonance between the wider world's professed concern and what it actually does is almost intolerable.

    Les sanctions, les mots durs n'ont pas manqué pour s'élever contre la tragédie au Darfour nous rappelle Bref Stephens, mais ceux-ci ont été peu suivis par des actions concrètes sur le terrain. Le Premier ministre Britannique rappelle avec lyrisme que "the world is of one view: that the status quo cannot continue". Plaît-il?
    A solution for Zimbabwe's crisis isn't hard to come by: Someone – ideally the British – must remove Mr. Mugabe by force, install Mr. Tsvangirai as president, arm his supporters, prevent any rampages, and leave. "Saving Darfur" is a somewhat different story, but it also involves applying Western military force to whatever degree is necessary to get Khartoum to come to terms with an independent or autonomous Darfur. Burma? Same deal.

    Il est fort juste de rappeler que ce type d'approche de pacification du monde est en étroite relation avec celle énoncée il n'y a pas si longtemps par George Bush avec le succès que l'on saiten Irak et en Afghanistan. Ne doit-on rien faire pour autant? Oui et non, réponse de normande que je ne suis pas et qui ne nous avance guère en l'espèce. "La Responsabilité de protéger" telle qu'énoncée par Bush et ses conseillers n'est pas à jeter aux orties tant les "tâches" sur la conscience du monde - comme les nomme Barak Obama - ne manquent pas. Les morts non plus... Ce qui me dérange le plus c'est ce paternalisme tacite et cette volonté de salut qui vient de l'extérieur. Que font nos leaders pendant ce temps? Pas grand-chose, Thabo Mbeki est incroyablement silencieux sur la question de son voisin, privilégiant une voie qui défie l'entendement.

    Et après? Robert Mugabe prête serment aujourd'hui et offre une branche d'olivier dans un cynisme sans nom. Et après? ben rien, la rumeur de nos palabres infinies recouvre le silence coupable de notre conscience et les morts s'accumulent....

    lundi, juin 23, 2008

    Quick hits : l'effet Carla, Yahoo, Social Networks

    • Zimbabwe's tragedy & farce (The Economist). "So far, Mr Mugabe does not seem to care. He has made it clear he would never allow the opposition to take over, and refuses to meet Mr Tsvangirai. As Mr Mugabe and his supporting generals act more flagrantly, his neighbours face a greater test. Faced with hair-raising brutality, a blatant disregard for democracy and a country in economic ruins, the region, long paralysed by divisions and misplaced loyalty, will come under more pressure to act."
    • The Carla effect via The New York Times. "The French are different from you and me. Yes, they have Sarkozy. And they have Carla. And they have “the Carla effect,” as it’s known in Paris. "
    • The sinking house of Yang via dot.life. A recap of Yahoo's agony amidst a serie of resignations of senior execs. Future looks gloomy for Yahoo!.

    vendredi, juin 20, 2008

    Cameroun : Autopsie d'une indépendance

    Autopsie d'une indépendanceSi vous êtes en France ou avez accès aux chaînes de télé françaises, n'oubliez pas de noter la date de lundi prochain où l'émission réalisées par deux émules de la Sorbonne portera sur l'histoire toujours aussi méconnue de la lutte pour l'indépendance au Cameroun. France 5 présente le 23 juin un documentaire choc intitulé “Cameroun, autopsie d’une indépendance”.

    Sur le site de la chaîne on peut lire le synopsis suivant:

    "Le 1er janvier 1960, le Cameroun accédait à l'indépendance et s'émancipait, officiellement sans heurt, de la tutelle française. Dans les faits, c'est une tout autre histoire qu'exhument Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf. Historiens, politiques et victimes d'une sanglante répression orchestrée depuis Paris témoignent. C'est une guerre dont on ne parle jamais. Du milieu des années 50 à la fin des années 70, la décolonisation du Cameroun s'est faite dans la violence… en silence. Contrairement à l’Indochine ou à l'Algérie, rares sont ceux qui ont eu vent de la tragédie qui s'y est jouée, "comme s’il y avait une chape de plomb sur l’Afrique noire."

    A vos écrans, c'est un morceau d'histoire qui nous sera conté, Valérie Osouf avec qui j'ai eu à discuter à plusieurs reprises lors de la préparation de ce documentaire ont porté une attention réelle aux faits et à leur retranscription en interrogeant nombre de témoins de cette histoire pas si lointaine et d'experts. Un grand merci aux deux journalistes pour ce travail de fourmi et ce documentaire inédit. N'oubliez pas de revenir pour le débrief...

    Source image : France 5


    jeudi, juin 19, 2008

    Essence trop chère?


    merci Amina pour cette pépite :)

    Source : Liberté-Algérie

    Quick hits : rare metals, water, Africa is the new frontier

    • Rare metals - mainly from Africa - soar on demand for efficient jets (Financial Times).
      The airline industry’s fight for survival in the face of soaring oil prices has triggered a massive jump in the price of a number of obscure and scarce metals that are used to improve the fuel economy of jet engines. [...] Chromium, produced mainly in South Africa, has also benefited from the desire for fuel-efficient engines. Its price has jumped this month to a record of $11,000 per tonne, up from about $6,800 last year and less than $4,000 in 2000. The price of cobalt, which comes predominantly from the Democratic Republic of Congo, rose earlier this year to $52.50 per pound, double its 2006 level and the highest price since at least 1978.

    • Go to Africa, Young Investor by Paul Kedrosky - Infectious greed
    • The number of armed conflicts in Africa has dropped from 20 in 1999 to 5 today. Granted, that's non-zero, and the human losses in the remaining fighting is horrific and unacceptable, but there is significant and largely unheralded change.
    • Real GDP growth in sub-Saharan Africa (SSA) averaged 4.1% from 1997-2002, and has since risen to 6.6%
    • Real incomes are rising, with GDP per capita hitting 4.6% in SSA in 2007.
    • Africa has lower inflation, higher FX reserves, and more FDI than did Asian emerging markets in 1980 -- and that worked out okay.
    • We're seeing bond duration extension, with government bond yield curves now stretching out to 10- and 15-years in some countries, which is a boon to project financing.

      The obvious question, of course: How do you track and invest in African markets? The fast answer is, it isn't yet as easy as it should be. Yes, there are some frontier markets ETFs, including the just-launched Claymore/BNY Mellon Frontier Markets ETF, or the SSGA Emerging Middle East and Africa ETF, but they all skew heavily toward Eastern Europe and the Middle East, allocating precious little to continental Africa (outside South Africa, which hardly qualifies as a frontier market). Nevertheless, there is a race into frontier markets in general this year, and into Africa in particular.

    • Water is the new oil by Business Week.
    In the coming decades, as growing numbers of people live in urban areas and climate change makes some regions much more prone to drought, water—or what many are calling "blue gold"—will become an increasingly scarce resource.

    How technology is changing the music industry ? Wyclef Jean

    Interesting point of view of Wyclef Jean on how tech is changing the music industry. Via Washington Post.



    Lost in E-Mail ?

    How lost in emails are you? Do you have hard time getting any work done because of the emails you constantly receive and the disruption in attention they create? New York Times featured an article about the phenomenon.

    The onslaught of cellphone calls and e-mail and instant messages is fracturing attention spans and hurting productivity. It is a common complaint. But now the very companies that helped create the flood are trying to mop it up. [...] Intel and other companies are already experimenting with solutions. Small units at some companies are encouraging workers to check e-mail messages less frequently, to send group messages more judiciously and to avoid letting the drumbeat of digital missives constantly shake up and reorder to-do lists.


    To address the issue, I de-activated the email pop-up notification in Outlook
    and I try to check email only every hour. But again, the blackberry is there to drag you down in your bad habits...

    mercredi, juin 18, 2008

    La mort du Loup - Alfred de Vigny

    I

    Les nuages couraient sur la lune enflammée
    Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
    Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
    Nous marchions, sans parler, dans l'humide gazon,
    Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
    Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
    Nous avons aperçu les grands ongles marqués
    Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
    Nous avons écouté, retenant notre haleine
    Et le pas suspendu. - Ni le bois ni la plaine
    Ne poussaient un soupir dans les airs; seulement
    La girouette en deuil criait au firmament;
    Car le vent, élevé bien au-dessus des terres,
    N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
    Et les chênes d'en bas, contre les rocs penchés,
    Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés
    Rien ne bruissait donc, lorsque, baissant la tête,
    Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
    A regardé le sable en s'y couchant; bientôt,
    Lui que jamais ici l'on ne vit en défaut,
    A déclaré tout bas que ces marques récentes
    Annonçaient la démarche et les griffes puissantes
    De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
    Nous avons tous alors prépare nos couteaux,
    Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
    Nous allions pas à pas en écartant les branches.
    Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
    J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
    Et je vois au-delà quatre formes légères
    Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
    Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
    Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
    Leur forme était semblable, et semblable la danse;
    Mais les enfants du Loup se jouaient en silence,
    Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
    Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
    Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
    Sa louve reposait comme celle de marbre
    Qu'adoraient les Romains, et dont les flancs velus
    Couvaient les demi-dieux Remus et Romulus.
    Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées,
    Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
    Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
    Sa retraite compté et tous ses chemins pris;
    Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
    Du chien le plus hardi la gorge pantelante,
    Il n'a pas deserré ses mâchoires de fer,
    Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair,
    Et nos couteaux aigüs qui, comme des tenailles,
    Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
    Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
    Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
    Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
    Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
    Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang;
    Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
    Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
    Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
    Et, sans daigner savoir comment il a péri,
    Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

    II

    J'ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
    Me prenant à penser, et n'ai pu me résoudre
    A poursuivre sa Louve et ses fils, qui, tous trois,
    Avaient voulu l'attendre, et, comme je le crois,
    Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
    Ne l'eût pas laissé seul subir la grande épreuve;
    Mais son devoir était de les sauver, afin
    De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
    A ne jamais entrer dans le pacte des villes
    Que l'homme a fait avec les animaux serviles
    Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
    Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

    III

    Hélas, ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes
    Que j'ai honte de nous, débiles que nous sommes!
    Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
    C'est vous qui le savez, sublimes animaux!
    A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
    Seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse.
    Ah! je t'ai bien compris, sauvage voyageur,
    Et ton dernier regard m'est allé jusqu'au coeur!
    Il disait: "Si tu peux, fais que ton âme arrive,
    A force de rester studieuse et pensive,
    Jusqu'à ce haut degré de stoïque fierté
    Où, naissant dans les bois, j'ai tout d'abord monté.
    Gémir, pleurer, prier est également lâche
    Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
    Dans la voie où la sort a voulu t'appeler,
    Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler."