Musings on Africa, Politics, Technology, Love, Life and Trifles...

|| Em@il me lymani_at_hotmail dot com ||

mardi, mai 20, 2008

David Adjaye : Constructing Culture

The Tanzanian-born Ghanean David Adjaye achitect discusses with Thelma Golden about architecture in contemporary culture and what buildings can be in the twenty-first century. From “Stories from the Near Future,” the 2008 New Yorker Conference.

Click here to see the full interview




lundi, mai 19, 2008

A part ça, quoi de neuf ? 19-05-2008


Violence against immigrants, like some windswept fire, spread across one neighborhood after another here in one of South Africa's main cities this weekend, and the police said the mayhem left at least 12 people dead — beaten by mobs, shot, stabbed or burned alive.
"Rising fuel and food prices are worrying consumers all over Europe. Concerns about purchasing power are an especially hot issue in France. (...) Yet if voters want lower prices, they are less enthused by more competition."
  • Sudan & Chad : a bloody tit-for-tat. (The Economist) The Darfur disaster threatens to become even more of a regional catastrophe. "With violent unrest continuing sporadically in west, south and even east, Sudan, Africa's biggest country by area, is finding it as hard as ever to stay together."
  • Bienvenue aux derniers arrivants. (Le Soir d'Algerie) Un bel éditorial de Hakim Lâlaam paru dans le quotidien algérien suite au dernier recensement. Cela a de quoi vous "refroidir le coeur" dixit Amina.
"Les chiffres officiels viennent de tomber. L’Algérie fraîchement recensée compte 36 millions d’habitants. Il y a donc 6 millions de nouvelles et de nouveaux compatriotes qui viennent de débarquer, de nous rejoindre sur cette bonne terre d’Al Djazaïr. Saluons-les comme il se doit. En leur faisant faire le tour du propriétaire. D’abord, à tout seigneur tout honneur, présentons-leur le mec qui fronce tout le temps les sourcils et se fait tenir un micro devant la bouche quand il parle. C’est lui, le boss. Enfin, je crois bien. Parce que des fois, je me demande si c’est bien lui. Le barbu à côté, avec une pastille sur le front et habillé d’une drôle de manière, c’est son homme à tout faire. Il voudrait bien devenir le boss à la place du boss, mais il a peur. Vous vous y habituerez vite chers 6 millions de nouveaux compatriotes, ici, chez nous, chez vous aussi maintenant, les histoires d’adjoints boss qui veulent devenir boss à leur tour finissent généralement mal. Parfois très mal. A côte du barbu, y a toute une rangée de bonhommes verts. Ceux-là, lorsqu’ils se penchent sur votre berceau, vaut mieux rire à leurs guiliguili sinon, vous ne ferez pas partie des comptes lors du prochain recensement. Derrière les bonhommes verts — ou devant, ou en dessous, ou juché sur leurs épaules, je ne sais plus —, il y a l’homme aux lunettes sévères. Ne le fixez jamais droit dans les yeux. Ça serait mortel pour votre argent de poche. C’est sa manie, dès qu’il entend le bruit de vos piécettes dans le portemonnaie, il sort son gros aspirateur. Lui aussi, il aimerait bien devenir boss à la place du boss, mais même à son miroir, il ne l’avouerait pas, car, par expérience, il sait que sur cette bonne terre d’Algérie, tous les miroirs sont à double fond. Un peu plus loin, dans une grande maison décorée d’horrible manière, y a des gens en apparence comme vous et moi, tous assis dans de moelleux fauteuils et qui, de temps à autre, lèvent les bras, appuient sur un bouton pour dire OUI, ferment les yeux lorsqu’il faut dire NON et oublient souvent d’où ils viennent. Voilà chers 6 millions de nouveaux compatriotes ! Vous aurez très vite l’occasion de faire mieux connaissance avec votre pays, le reste de ses habitants et de ses «stars». Comme toutes celles et tous ceux qui vous ont précédés, vous vous exclamerez : «Quel beau pays !» Et ensuite, comme toutes celles et tous ceux qui vous ont précédés, vous vous résignerez à fumer du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue."


samedi, mai 17, 2008

Fally Ipupa in Bakandja

Une pépite trouvée sur youtube. Fally Ipupa reste un des chanteurs africains les plus sexys du moment et le succès de celui qui se fait appeler Dicap la Merveille est là pour nous le confirmer. J'en connais une, qui est loin d'être insensible à son charme n'est-il pas chère CNK? On attend avec impatience son deuxième album prévu pour le 2ème semestre.



Bougez les reins ! Bougez les reins !!!
Enjoy ooo




jeudi, mai 15, 2008

A part ça, quoi de neuf ? 15-05-2008

  • HIV and conditional cash transfer schemes (Financial Times via Adventures of a Retired Armchair Traveler). En gros, vous évitez d'être infecté et on vous verse de l'argent. Ethiquement cette solution n'est pas sans me poser un problème.
"Thousands of people in Africa will be paid to avoid unsafe sex, under a groundbreaking World Bank-backed experiment aimed at halting the spread of Aids. The $1.8m trial – to be launched this year – will counsel 3,000 men and women aged 15-30 in southern rural Tanzania over three years, paying them on condition that periodic laboratory test results prove they have not contracted sexually transmitted infections. (...) The designers of the Tanzanian programme believe that payments of $45 when combined with careful counselling could play an important role in reducing HIV infection, especially for vulnerable young women."

En boucle sur mon iPod: Eriko, Njomboss

Dernier truc qui passe en boucle dans les bars et autres boîtes de nuit au pays, la révélation Makossa de l'année 2007, le chanteur Eriko et son opus Njomboss.

"Wèè grand-mère, la vie au village est difficile, je vais en ville pour chercher la vie...


mercredi, mai 14, 2008

Quick hits: trafic de bois au Cameroun, FMI, Investissements, Clinton

"Cet attentisme pourrait être bousculé par la publication, mardi 13 mai, d'un rapport de l'organisation non gouvernementale Les Amis de la Terre. Fruit de deux ans de travail, ce document détaille les pratiques qui permettent de maquiller des coupes illégales en importations tout à fait légales dans les ports européens. La palette est vaste. En plus des coupes sauvages, possibles grâce à l'achat d'un réseau local d'influences (administration forestière, gendarmerie, armée, etc.), l'accès à la ressource est assuré grâce au trafic de titres d'exploitation. A côté des grandes concessions, soumises à une gestion forestière plutôt stricte, sont distribués des "petits titres". Leur nombre a doublé en 2007, et c'est sur eux que s'appuient les réseaux frauduleux.

L'ampleur réelle du phénomène est difficile à évaluer. Les chiffres varient entre 15 % et 40 % des volumes exportés. Cette situation est d'autant plus préoccupante que l'Union européenne négocie actuellement avec le Cameroun un accord pour obtenir des garanties sur la traçabilité des marchandises achetées."

  • Après avoir réalisé le film Africa Open for Business, Carol Pineau nous propose Africa Investment Horizons. (via AfricanLoft) "“Today’s Africa is a continent with challenges, but it is a continent on the move and an attractive investment destination. More important, investment may be the best means for addressing Africa’s challenges.The film features the three major avenues for investment in Africa: capital markets, equity funds and launching a business. The first half of the film shows a kaleidoscope of opportunities throughout the continent, while later segments address the issues around investing, such as corruption, political risk, currency devaluation, and the trade versus aid debate."


mardi, mai 06, 2008

Quick hits : Discours de Dakar, Crise politique au Zimbabwe, Omar Bongo

  • Zimbabwe : le cynisme des nations par Achille Mbembe. (via Le crédit a voyagé blog). L'historien Camerounais tente d'expliquer les différents ressorts et enjeux de la crise politique et sociale au Zimbabwe.

"D’une part, en faisant de cet autocrate un monstre absolu et le parangon de l’irrationalité, on se prive des moyens d’expliquer comment, pendant les quinze premières années de son règne, il est parvenu à bâtir un pays relativement moderne, doté d’infrastructures viables et d’une économie sans doute insuffisamment diversifiée, mais à plusieurs égards productive."

"Dans la crise au Zimbabwe se jouent par conséquent deux ou trois questions décisives pour l’avenir de l’Afrique. D’une part, si le rêve d’émancipation africaine n’a été que l’envers mimétique de la politique et de la violence de la race mise en branle par la colonisation, alors il est temps d’imaginer une sortie du nationalisme qui ouvre la voie à une conception afropolitaine et post-raciale de la citoyenneté, faute de quoi les Africains d’origine européenne n’ont aucun avenir en Afrique."

  • Papa Bongo's 40 years in power. A l'occasion du 40ème anniversaire de son accession au pouvoir, le quotidien Britannique The Guardian dresse un portrait du président Gabonais et du système qu'il a mis en place pour asseoir sa main-mise sur le pays.
"A future without Bongo? Shortly after winning the 2005 election, Bongo quashed any public talk of succession by saying that he would run again in 2012. "The best is yet to come," he likes to say."

dimanche, mai 04, 2008

Groovin from Libreville

Un peu de groove en provenance de LBV (Libreville, à prononcer elbève).

Révélation 2006-2007, la chanteuse Wendy nous explique son ras le bol des plans de galère avec les mecs c'est barré (c'est mort, y a pas moyen). Il est temps qu'elle "aille se laver le corps". Un morceau marrant tiré de son premier album "c'est qui cette Go?"




Leader de la scène hp-hop Gabonaise, le groupe Movaizhaleine se demande ce qu'ils en ont à "Kafoutre" et reprennent une expression d'un citoyen gabonais célèbre...



Je vous laisse découvrir la suite.

vendredi, mai 02, 2008

Lettre de l'ambassadeur Ahmadu Alli au président Nigérian Yar'Adua

(via Naijablog) Comme dirait l'autre : c'est du bon :))

Dear President Yar'Adua,

Ranka dede sir. Saanu da aiki sir. I hope this letter finds you well. If so, doxology. I am constrained to write urgently to intimate you with the frustrating conditions I've had to contend with since I assumed duties as Nigeria's Ambassador to the Republic of South Africa. You will recall, sir, that I had serious misgivings about being posted to this place but you reassured me that things would work out insha Allah. I must regretfully inform you, sir, that you were wrong. This place is hell and I don't know what I am doing here. The ways of the South Africans are indeed very strange.

The first serious signals of South Africa's backwardness and dysfunctionality became apparent when I landed at the airport in Johannesburg. I was profoundly shocked to discover that only two official vehicles from the Nigerian embassy and three embassy staff were on hand to receive me. This was a serious breach of protocol. When was the last time I moved in anything less than a motorcade of twenty five cars, heralded by AK-47-wielding soldiers and koboko-swishing mobile policemen sweeping civilians out of my way? I felt naked, empty, and vulnerable. I felt betrayed by those embassy boys who appeared to have forgotten how we handle matters of protocol for people of my standing in Nigeria. Obviously, I wasn't going to subject myself to the indignity of leaving the airport in a ‘motorcade' of two miserable embassy vehicles. I sat put and told the boys to organize. They finally found a solution by renting five cars from the Avis car rental outlet to bring the tally of vehicles to seven.

Needless to say your Excellency, I had to ‘manage' a convoy of only seven cars. Without siren! As if this outrage weren't enough, we had barely made it out of the airport when we found ourselves in one of Johannesburg's notorious traffic jams. Again, our boys from the embassy had no idea what to do - when we post these boys out, we must insist they visit Nigeria twice a year your Excellency. They are completely out of touch. Just imagine, I had to suggest to them to phone the Chief of Army Staff and the Inspector General of Police to send troops to come and clear the road for us. Rather than act, they sat there looking at me with eyes so wide open they almost popped out of their sockets. Then one obsequious fool explained that "things don't work that way here, sir". "How do you know, have you ever tried", I asked him.

I did not fare any better on my first day on the job, your Excellency. The first thing on my agenda was to present my letters of accreditation to President Thabo Mbeki. Regrettably, I left arrangements to our boys in the embassy. Their shoddy handling of the airport situation should have taught me a lesson! I had expected them to rent a white horse and a crowd of at least one hundred singing and drumming Nigerians to form a procession. I was going to ride the white horse through the streets of Pretoria, all the way to Union Building, with our people singing and drumming. You know, the way we do things back home. What did I get instead? The Ambassador's official car, a driver and one miserable aide! At my urging, they had to rent five cars from avis! If I hadn't insisted, the boys would have done untold harm to Nigeria's image as the giant of Africa by having her Ambassador drive to that ceremony in only one car. No policemen. No soldiers. No siren!

The humiliation continued when we got to Union Building. Only the official car with the Nigerian flag was allowed in. They wouldn't allow the rental cars in because they were not accredited. I told my aide to go and "see" the appropriate people only to be told by the rude boy that they don't "see" people in South Africa. How do you run a country where you don't "see" people? How do you get things done? Anyway, the ceremony went well your Excellency. The only disappointing thing is the simplicity of the surroundings of President Mbeki. Things were so simple you had no idea you were in the Presidency. They are not doing Africa proud at all sir. From what I saw, my estimation is that the budget that maintains the South African Presidency for a whole year is approximately the size of the weekly entertainment budget of a Nigerian Minister or Governor.

My second day on the job was even more frustrating, Mr. President. I was briefed that we had an application for a new plot of land languishing at the Pretoria city hall. There is an embassy expansion project in the pipeline. Apparently, the application has been at city hall for more than two years because the plot we want happens to be in a protected green area. My predecessors have had no luck with the Mayor. Pray, your Excellency, why deal with the Mayor when things could be accelerated the Nigerian way? So, I phoned the Mayor and respectfully and politely asked for the name and phone number of his Godfather. My intention was to "see" his Godfather and promise him an oil block allocation in the Niger Delta if he would prevail on his political godson to alter the Pretoria Master Plan and give us a plot in the green area. To my surprise, the Mayor told me that he had read Mario Puzzo's novel but had never seen the movie! These South Africans are unbelievably backward! When I finally got him to understand what I meant - after almost an hour of explanations - he laughed condescendingly and said "we don't do that in South Africa, Mr. Ambassador. We cannot alter the city's Master Plan". Unbelievable, isn't it? Have these people never heard of Abuja? So, what exactly do they do here? What is this idea of people getting elected to political office without Godfathers? I banged the phone on him. If I had continued the conversation, I couldn't put it past him to give me the extraordinary yarn that they also organize elections here without thugs, guns, and ballot box stuffing.

My nightmare in this country continued last week when I went to the University of the Witwatersrand in Johannesburg. One of our very useful boys - an unemployed graduate of the University of Ibadan who helped organize the shipment of arms and recruited cult members to help us capture the Oyo state government house for Alhaji Chief Alao Akala - has decided to quit the political scene in Nigeria and return to his studies. He emailed to notify me that he has an application for graduate studies at Wits. Could I please look into it? The boy served the PDP so diligently and I was inclined to help him. So I went to Wits last week to see the Registrar. She informed me that they did indeed receive the boy's application but he did not meet the minimum admission requirements for graduate studies at Wits. Duh, as if I didn't already know that before asking to meet with her! I asked if we could come to an agreement and opened the Ghana-must-go bag I had with me. Crisp bales of rand notes smiled from the bag. She screamed and sent me out of her office, claiming that she would have had me arrested if I didn't enjoy diplomatic immunity. As I did not want to return to Pretoria with the money, I made one last ditch effort. I phoned the University's information service and requested to speak with the Registrar's Garrison Commander. Predictably, nobody had any clue! I gave up on South Africa at this point. I mean, what kind of country is this? People get positions and appointments without Godfathers and Garrison Commanders. I don't understand. Your Excellency, there is really no place like home. All I would have had to do in Nigeria is place one phone call to any Vice Chancellor. The boy would end up in the Vice Chancellor's discretionary admission list with immediate effect.

Your Excellency, these unending insults and indignities are nothing compared to the stubbornness with which people address me here as Mr. Ambassador. Nonsense. I've insisted that they use the full list of my honorifics to no avail. Who would dare leave out anything from this list in Nigeria - Ambassador, Senator, Doctor, Chief Ahmadu Alli. Nobody here seems to understand that none of these items can be left out when addressing me. Mind you, to make things easy for the South Africans, I've even reluctantly left out all the items that would compulsorily come after my name in Nigeria - MON, OFR, GCFR, etc etc etc. Pray, if they can't get a paltry total of four honorific prefixes right, how are they going to contend with the suffixes?

Your Excellency, it is clear that I am not going to be able to stay here. I can't function. There system is completely upside down. May I humbly request to be posted to Cameroon or Benin Republic? They are our neighbours. Years of associating with us have rubbed off them. They know how things are done. They understand. If the slots in Yaoundé and Cotonou are not available, I won't mind the UK. The British are far more tolerant of the way we do things. They see no evil, hear no evil, and speak no evil in order not to endanger the oil flow. London is far more amenable to the Nigerian way than Pretoria. I should be able to function there.

Yours in service to Nigeria,

Ambassador, Senator, Doctor, Chief Ahmadu Alli, MON, OFR, GCFR, etc etc etc.


====

C'est tout simplement tordant de rire. Le pire c'est que c'est très triste en même temps et je ne dis pas seulement ça à cause de ce que cet ambassadeur sous-entend sur le Cameroun.

jeudi, mai 01, 2008

L'arithmétique de la nomination démocrate

Je n'ai pas fait autant d'arithmétique depuis fort longtemps, mais la question de savoir qui a l'avantage dans la course à la nomination démocrate me taraude depuis quelque peu, donc je m'y suis remise. Petit aveu: c'est un des rares sujets (avec les Lions Indomptables) dont Christelle refuse de discuter avec moi:) Revenons en à notre décompte. Qui mène qui et sur quoi? Obama l'emporte t'il dans le nombre de superdélégués et Hillary aurait-elle de l'avance dans le vote populaire? Que ce soit CNN, le New York Times etc... force est de constater que les différentes sources donnent des infos non concordantes. Quoiqu'il en soit, je vous invite à lire l'article de Hendrik Kertzberg du magazine The New Yorker : eights ways of counting the popular vote.

Cela nous éclaire sur la complexité d'un système de nomination, mais ne résoud pas le schmilblick. Le site de la convention démocrate fait très fort dans l'explication.

If neither candidate reaches a majority of delegate votes on the first ballot for president, the nomination and the race for delegates becomes competitive.

Sans blague!

p.s conclusion de mon petit comptage perso : attendons le mois d'Août et nous saurons qui des deux perdra en Novembre face à un McCain qui aura eu amplement le temps de se préparer. Oooops, Christelle va me finir...

L'infidelite, obsession américaine

La lecture de l'article de Pascal Bruckner paru dans le journal Le Monde sur l'infidélité m'a laissée perplexe sinon amusée. En effet, il est assez intéressant que la 1ère puissance du Monde (ou celle aspirant à le rester) s'enflamme toujours autant pour ce que Bruckner décrit fort justement comme étant "de misérables histoires de coucherie". Sur le vieux continent ou en Afrique, les hommes (et les femmes) ne sont pas plus vertueux que leurs compères outre-Atlantique, mais ces affaires restent confinées aux "convenances" de l'alcôve. Parfois, elles s'ébruitent mais dépassent rarement le stade du dernier kongossa dans les dîners en ville. Que tel homme politique ou homme d'affaires en vue ait une maîtresse ou s'offre les services de péripatéticiennes ne conduira pas à sa "chute". Le cas Spitzer est le dernier exemple d'une Amérique où il ne fait pas bon de se faire prendre la main dans un sac que la morale collective réprouve. De mémoire -récente- seul le Libéria nous offre un tel exemple avec l'affaire qui coûta à Willis Knuckles son poste ministériel.

Vous me direz que finalement on se fiche pas mal de qui dort avec qui et vous auriez raison, car ce n'est pas ce pan de la morale qui est sanctionné par l'opprobre. C'est plutôt la distance que prennent certains législateurs avec les lois qu'ils votent eux-mêmes. Que faire dans le cas camerounais où le même législateur qui n'infirme pas une loi inique qui condamne l'homosexualité, que faire quand ce même législateur est celui sur qui régulièrement enflent des rumeurs de mœurs en non conformité avec la loi? Pour l'ex-gouverneur de New York c'est bien "l'hypocrisie d'un homme qui jurait ses grands dieux de terrasser le trafic d'êtres humains et fréquentait The Emperor Club, réseau de prostituées de luxe dirigé par un proxénète notoire." Tartufferie qui n'est pas le propre des américains, mais dont les modes d'accommodation diffèrent selon les pays. Conclusion intéressante de Bruckner:

Si l'on scrute les transgressions avec une telle minutie, c'est pour mieux vérifier la norme : se montrer déloyal dans l'amour conjugal, n'est-ce pas remettre en question cette alliance originelle qui soude tous les Américains ? Si la petite patrie qu'est la famille vacille sous les caprices des conjoints, qu'en sera-t-il de la grande, en cas de danger ? Là où l'Europe, composée de nations anciennes riches de leurs traditions, fait preuve d'une certaine désinvolture, les Etats-Unis manifestent rigidité et intransigeance : quand le plus fondamental de tous les liens, celui du couple, est mis à mal, c'est l'avenir même du pays qui peut basculer. Création récente, l'Amérique exorcise, à travers les infractions conjugales de ses responsables, sa propre fragilité. L'enjeu n'est que superficiellement moral : il est d'abord politique.


Pas faux.