Musings on Africa, Politics, Technology, Love, Life and Trifles...

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jeudi, janvier 31, 2008

Un peu d'humour matinal


En fouillant dans les archives, je suis tombée sur ce collector de Dilem. Ca se passe en 2005, mais est-ce aussi loin de nous après tout ? :)

mardi, janvier 29, 2008

A part ça, quoi de neuf? 29-01-2008

  • Ressentant ce que Martin Luther King Jr nommait "the fierce urgency of now", le sénateur du Massachussetts, Edward Kennedy apporte son soutien à Barack (IHT). Il apporte ainsi le poids de la "caution" Kennedy au candidat Barack Obama. Pendant ce temps, Caroline Kennedy, la fille du président assassiné signe son soutien au sénateur de l'Illinois dans un article du New York Times intitulé "A president like my father". "Sometimes it takes a while to recognize that someone has a special ability to get us to believe in ourselves, to tie that belief to our highest ideals and imagine that together we can do great things. (...)We Americans have that kind of opportunity with Senator Obama. It isn't that the other candidates are not experienced or knowledgeable. But this year, that may not be enough. We need a change in the leadership of the United Sates - just as we did in 1960." La course et les conversations dans les dîners en ville n'en deviennent que plus passionnants...J'attends de voir si le camp Clinton cessera son "mudracking" (google a la définition toute prête pour vous) si cher aux Républicains. Pendant ce temps, Obama l'emporte en Caroline du Sub avec une très large majorité. Décompte des points 2-2. Balle au centre comme on dirait en ce moment du côté du Ghana....
  • Lettre ouverte de la poétesse Shailja Patel au président de la commission électorale kenyanne, Samuel Kivutu (via Diary of a Mad Kenyan Woman). "Do you think of the 300,000 Kenyans displaced from their homes, their lives? Of the thousands still trapped in police stations, churches, any refuge they can find, across the country? Without food, water, toilets, blankets? Of fields ready for harvest, razed to the ground? Of granaries filled with rotting grain, because no one can get to them? Of the Nairobi slum residents of Kibera, Mathare, Huruma, Dandora, ringed by GSU and police, denied exit, or access to medical treatment and emergency relief, for the crime of being poor in Kenya? (...) Imagine that here in Nairobi, Mr. Kivuitu. 75,000 Kenyans, crammed into a giant makeshift refugee camp. Our own Hurricane Kivuitu-Kibaki, driven by fire, rather than floods. By organized militia rather than crumbling levees. But the same root cause - the deep, colossal contempt of a tiny ruling class for the rest of humanity. Over 60% of our internal refugees are children. The human collateral damage of your decision."
  • Je flânais hier dans une librairie et au moment de payer mon achat (j'ai fait l'acquistion de Persepolis sur les conseils d'un ami), mes yeux se sont portés sur un gadget pour le moins étrange : the George Bush countdown. Une sorte de porte-clés qui donne le nombre de jours restants de la présidence de Bush. Aussi drôle que subversif et il n'y a (aussi loin que je me souvienne) qu'aux Etats-Unis que vous pouvez apercevoir pareilles choses. Comme on parle de compte à rebours, il faut aussi se demander ce que Bush laissera à la postérité. Je vous invite à lire à ce sujet, l'article dans le NYT intitulé "a defiant look at what little lies ahead". Le constat est sévère : beaucoup de "unfinished business" tels que ses chantiers sur l'immigration ou la sécurité sociale. Dans le même registre, on notera la guerre en Iraq et en Afghanistan. Dans le vocable Camerounais si cher à Kans, voilà ce qu'il convient de nommer des "grandes ambitions"...
  • Arche de Zoé: le tribunal de Créteil a traduit la peine de huit ans de travaux forcés prononcée au Tchad contre les six membres de l'association en huit ans de prison. Tout ce que je retiens de cette triste affaire, c'est qu'il reste encore à nos Etats - pas seulement au Tchad - à définir pour eux mêmes la notion de souveraineté. Personne ne le fera en nos lieux et place. Si nous piétinons nous mêmes cette liberté, alors il n'est pas étonnant que notre place dans le concert des nations soit toujours aussi précaire. "Je te condamne aujourd'hui mais demain tu es dans l'avion pou rentrer chez toi" envoie deux messages aussi forts que négatifs pour le système judiciaire tchadien : celle d'une justice à deux vitesses pour les locaux et les étrangers, et l'autre autrement plus ravageur que nos prisons ne sont pas viables et que ceux qui y purgent réellement leurs peines sont fort à plaindre. OK, je ne suis pas pour les travaux forcés. Mais un séjour dans les prisons de N'Djamena aurait certainement départi Eric Breteau de cette fière arrogance qu'il a de se croire dans son bon droit. Affaire à suivre, Idriss Déby ayant déjà fait montre de tant de clémence....
Allez, je vais me coucher non sans vous laisser goûter ce dessin de Dilem qui est pile poil dans le thème du post sur les élections. :)



Et pendant ce temps...


dimanche, janvier 27, 2008

Biblio (3) : l’Elégance du Hérisson de Muriel Barberry

La dernière fois que vous avez rencontré votre concierge qu’avez-vous pensé d’elle ? Avez-vous pu imaginer qu’elle lise dans le texte Kant, Husserl et autres grands penseurs occidentaux ? Dans les confins de sa loge, que cachent les bruits que rejette une télé allumée en continu pour tromper le peu de suspicion de votre immeuble ? Alors que vous l’imaginez tapie derrière « les feux de l’amour » ou toute autre série télé insipide, serait-elle en train de revoir les classiques du cinéma japonais ? Si on habite Paris il peut s'agir de notre concierge, mais ces questions sont transposables ailleurs et à d'autres: aux femmes de ménages et autre personnel qui il faut l'avouer traversent notre existence sans que nous les remarquions vraiment.

Si vous habitez le 7 rue de Grenelle dans le très chic quartier arrondissement de Paris, alors il ne vous a jamais traversé l’esprit que votre concierge que vous prenez de haut et sur lesquels vous avez des a priori puissent être un être humain doué d’une intelligence et d’une culture rares. Voilà un livre découvert au hasard d’une conversation avec un inconnu (ne vous imaginez rien) et qui m’a fait autant réfléchir sur moi-même et rire sur la nature humaine, que je vous recommande chaudement. Muriel Barberry signe là un roman fort ; elle est à la fois Renée la concierge que personne ne remarque, tant les bourgeois de gauche ou de droite (vrais et aspirants) de son immeuble sont frappés de cécité sociale (regardons nous les pauvres ?) et Paloma, une jeune surdouée de 12 ans dont nous partageons les réflexions sur l’existence. Ce roman nous rappelle, que nous pouvons nous aussi être ankylosés par nos préjugés étriqués et les conventions sociales.


Morceaux choisis (attention c’est plutôt long) :
« Ainsi, comment se passe la vie ? Nous nous efforçons bravement, jour après jour, de tenir notre rôle dans cette comédie fantôme. En primates que nous sommes, l’essentiel de notre activité consiste à maintenir et entretenir notre territoire de telle sorte qu’il nous protège et nous flatte, à grimper ou ne pas descendre dans l’échelle hiérarchique de la tribu et à forniquer de toutes les manières que nous pouvons – fût-ce en fantasme – tant pour le plaisir que pour la descendance promise. Aussi usons-nous une part non négligeable de notre énergie à intimider ou séduire, ces deux stratégies assurant à elles seule la quête territoriale, hiérarchique et sexuelle qui anime notre conatus. Nous parlons d’amour, de bien et de mal, de philosophie et de civilisation et nous accrochons à ces icônes respectables comme la tique assoiffée à son gros chien tout chaud.
Parfois, cependant, la vie nous apparaît comme une comédie fantôme. Comme tirés d’un rêve, nous nous regardons agir et, glacés de constater la dépense vitale que requiert la maintenance de nos réquisits primitifs, nous nous demandons avec ahurissement ce qu’il en est de l’Art. Notre frénésie de grimaces et d’œillades nous semble soudain le comble de l’insignifiance, notre petit nid douillet, fruit d’un endettement de vingt ans, une vaine coutume barbare, et notre position dans l’échelle sociale, si durement acquise et si éternellement précaire, d’une frustre vanité. Quant à notre descendance, nous la contemplons d’un œil neuf et horrifié parce que, sans les habits de l’altruisme, l’acte de se reproduire paraît profondément déplacé. Ne restent que les plaisirs sexuels ; mais entraînés dans le fleuve de la misère primale, ils vacillent à l’avenant, la gymnastique sans l’amour n’entrant pas dans le cadre de nos leçons bien apprises.
L’éternité nous échappe.
Ces jours-là, où chavirent sur l’autel de notre nature profonde toutes les croyances romantiques, politiques, intellectuelles, métaphysiques et morales que des années d’instruction et d’éducation ont tenté d’imprimer en nous, la société, champ territorial traversé de grandes ondes hiérarchiques, s’enfonce dans le néant du Sens. Exit les riches et les pauvres, les penseurs, les chercheurs, les décideurs, les esclaves, les gentils et les méchants, les créatifs et les consciencieux, les syndicalistes et les individualistes, les progressistes et les conservateurs ; ce ne sont plus qu’hominiens primitifs dont les grimaces et sourires, démarches et parure, langage et codes, inscrits sur la carte génétique du primate moyen ne signifient que cela : tenir son rang ou mourir.»


« Quelle est cette guerre que nous menons, dans l’évidence de notre défaite ? Matin après matin, harassés déjà de toutes ces batailles qui viennent, nous reconduisons l’effroi du quotidien, ce couloir sans fin qui, aux heures dernières, vaudra destin d’avoir été si longuement arpenté. Oui, mon ange, voici le quotidien : maussade, vide et submergé de peine. Les allées de l’enfer n’y sont point étrangères ; on y verse un jour d’être resté là trop longtemps. D’un couloir aux allées : alors la chute se fait, sans heurt ni surprise. Chaque jour nous renouons avec la tristesse du couloir et, pas après pas, exécutons le chemin de notre morne damnation. »

Enjoy!

vendredi, janvier 25, 2008

Des choses et d'autres...

A part ça, quoi de neuf? Des choses et d'autres... J’avoue ne pas suivre avec attention l’actualité, au jeu de la maîtrise des événements et du temps, j’avoue m’être laissée dompter par mon emploi du temps. Mais je ne m’avoue vaincue que le temps de ce cobat, le reste de la guerre restant encore à livrer. Qu’est-ce à dire? Eh bien, vu qu’Eddy me le demande impérieusement, je viens ici poster et partager mes réflexions du moment.
  • Elections américaines : Clinton 2 – Obama 1. Souvent les gens me demandent mon pronostic. Je pense que la lutte finale opposera McCain à Clinton. N’y voyez pas mes préférences personnelles (quoique), mais plutôt la compréhension (limitée) que j’ai de la politique américaine. Obama représente à n’en point douter un changement possible comme l’indique si justement son slogan de campagne ; Au-delà de la rhétorique masgistrale et bien que séduite par les discours de cet orateur hors pair, je reste dubitative sur ses capacités à «faire la blague» pour remporter l’investiture démocrate. Clinton est une vieille de la vieille et comme tous les « vieux », elle a plus d’un tour dans son sac. La machine à dénigrer et à « détruire » n’a pas encore joué son plein, mais connaissant les parties prenantes, ca ne saurait tarder. A ce jeu là, les Républicains ne sont jamais derniers. Parlant des Républicains, pourquoi McCain et pas Romney ? Parce que l’un a fait le Vietnam et l’autre est mormon quoique richissime… C’est mon opinion et mon « educated guess ». Mais voyez vous, les premiers épisodes semblent brouiller la lecture traditionnelle de la politique américaine. Obama est au plus haut dans les sondages et ce malgré l'épisode du New Hampshire. Giuliani et Edwards n'ont probablement pas encore dit leur dernier mot. Selon moi, les "qualifications" vont peser lourd dans la balance et les 2 personnalités à même de convaincre les Américains qu'ils ont "what it takes" sont McCain et Clinton. Rendez-vous est pris pour Novembre et j’espère secrètement avoir tort. Affaire à suivre. En attendant, j’ai parié avec quelques amis sur les résultats du « Super Tuesday », jour où 21 états dont la Californie votent. Montant de la mise de départ : 5$, celui qui se rapproche le plus du score du vainqueur emporte la mise… Ici, comme nous sommes dans le virtuel entre gens « biens », on va se contenter de parier sans le nkap. Ca fait moins d’histoires…
  • Le Kenya s’enfonce dans une crise que je croyais provisoire. L’appétence du pouvoir d’Odinga et de Kibaki semble ne pas vouloir s’arrêter. Les messieurs se sont rencontrés hier sous la médiation de Kofi Annan. Qu’en est-il ressorti ? Rien, mais c’est déjà un premier pas. J’espère qu’il ne leur faudra pas 5,4 millions de morts comme en RDC pour qu’ils sachent que la résolution pacifique de leur affrontement électoralo-personnel. Le décompte lugubre est énoncé de manière quasi indifférente à la télé. Les medias seraient-ils passés autre chose? Probablement si l’on en croit la furtivité des reportages consacrés au sujet. Le plus troublant est sans doute l’image de nous mêmes qu’essaient de nous renvoyer les médias occidentaux : celles de "sauvages" qui règleraient leurs différends à coups de machette. Le Rwanda commémorait les 10 ans du génocide il y a de cela quelques mois seulement, il faut croire qu’il y en a qui ont déjà oublié… Je force le trait à escient, car la situation est suffisamment grave pour qu'en vilaine Cassandre je rappelle le risque.
  • "Sans papiers, HIV et cas de conscience." Je ne sais pas pour vous, mais moi je reste sans voix sur cette histoire d'un couple Camerounais rapportée par le journal Libération. "Est-il «raisonnable» d’aider ce couple à avoir un enfant? Leur histoire est, il est vrai, compliquée. Tous les deux sont d’origine camerounaise. L’homme a une petite cinquantaine. Séropositif, il a deux autres femmes, et sept enfants au Cameroun. Récemment, il s’est marié avec Leica, mais voilà, celle-ci n’arrive pas à être enceinte. Et peu à peu, elle découvre qu’elle a des soucis d’infertilité. Il y a quelques mois, ils se sont donc adressés à un service d’aide médicale à la procréation (AMP) à Paris." Qu'en pensez vous?
  • Plus léger, la CAN a bien mal commencé pour les Lions Indomptables. Ils ont commencé par se faire mater 4-2 par l’Egypte. Je n’ai pas regardé le match, par égards pour ma télé qui a ainsi probablement évité les foudres de mon dépit. Vous l’aurez compris, je suis un peu mauvaise perdante. Et petit secret, entre nous, les jours de matchs perdus, évitez de composer le numéro de Christelle, elle est d’humeur massacrante au sens propre du terme… ☺
  • En France, Sarkozy en fait des tonnes sur la religion ou du moins ce qu’il en comprend et relance le débat sur la laïcité. A quelles fins ? Nous le saurons sans doute bientôt. Je me range derrière l’opinion si justement exprimée par le quotidien La Croix : «La religion est une grande chose qui ne mérite ni cet excès d’honneur ni cette indignité ». Rien ne m’insupporte plus que le prosélytisme, surtout quand celui-ci devient d’Etat (ce n’est pas –encore- le cas en France). La foi reste démarche et affaire personnelle et individuelle, et les usages d’un Etat laïc restent dans une certaine mesure un bon rempart contre les dérives du fanatisme religieux.
  • Au dernier MacExpo, Steve Jobs dévoile le Macbook Air. AU grand dam de notre ami Kans, je reste une aficionada, et je compte aller voir la bête de près. Ames charitables, j’accepte les cadeaux de cette sorte…
  • Chine –Afrique : dossier spécial du Financial Times du jour sur le sujet avec une colonne du président Sénégalais Abdoulaye Wade. « The contours of a new order are still being drawn, but China’s growing stake in the continent has shaken up and old and fraying one dominated by cautious western donors and former colonial powers .» Un ami me demandait il y a quelque semaines ce que je pensais du sommet de Lisbonne. Réponse : pas grand chose alors qu’il vient trop tard. La Chine a permis à nos gouvernements respectifs de déciller les yeux en matière de négociations commerciales. Il n'en demeure pas moins que l'Afrique court le risque de répéter les erreurs du passé. Les acteurs changent, mais le mode opératoire demeure. "There is also concern that while the direction of trade is changing, its nature, involving raw material exports and manufactured imports, is not."The challenge is that you could then indeed develop a relationship between China and the African continent which in reality isn't different from the relationship that developed between Africa and the former colonising powers," Thabo Mbeki, South Africa's president, told the FT last year."
Mon avion ayant pris du retard, ne peut se poser dans un Heathrow encombré ; ma compensation dans ce tournoiement en l’air estun charmant tourisme sur Londres avec visite « vue du ciel ». Vraiment très intéressant de là-haut. A part ca, quoi de neuf ? Des choses et d’autres. Des opinions qui n’engagent que moi. Comme qui dirait, j’ai blogué ma part, blogue ta part. Cheers. L

Le Gabon s’invite à l'Olympia. Diboty Anily


Il règne comme une atmosphère étrange dans ce temple de la musique parisien établi par Bruno Coquatrix. Est-ce le décor tout de feuilles de bananier qui ne sont pas sans rappeler la végétation tropicale des forêts du Sud de l’Afrique Centrale ? Ou encore sont-ce les jeux de lumières qui mélangent onctueusement le bleu, le vert et le jaune et évoquent le drapeau d’un certain pays? Peut-être ce public très Gabonais (chacun entendra ce qu’il voudra) qui nous ferait croire que nous sommes dans une salle de spectacle de LBV (mis pour Libreville mais prononcez « elbève »)? En somme, pour les ministres et les anonymes c’est venez voir et être vu. Pour l’heure, voyons d’abord. Pour sûr, l’alchimie tient à ces éléments réunis, mais surtout à la présence en ces lieux de la chanteuse Gabonaise Annie-Flore Batchiellilys. Le Gabon s’invite à Paris pour y faire la fête. Tout un spectacle !

Les billets disaient que le spectacle commencerait à 20h30. Habituée d’autres spectacles africains, j’ai cru que l’horaire serait lui aussi « africain » et les 10 minutes de retard (croyez moi j’ai fait pire…) que j’ai accusées m’ont coûtée la première chanson et vu ce que le reste m’a réservé, je confesse nourrir quelques regrets. Bon me voilà calée dans mon fauteuil, prête à ne rater aucune miette de ce qui va suivre. Que dire ?

Retour sur images. J’ai fait la connaissance d’Annie-Flore il y a de cela 4 ans, quand des amis m’ont traînée à un concert au Petit Journal Montparnasse, pour regarder se produire une figure montante de la World Music. J’y suis allée par pure curiosité et grands furent ma surprise et mon plaisir.



Du Petit Journal Montparnasse à aujourd’hui, Annie-Flore a semble t’il mûri, moultes coups du sort (bons et mauvais) ont eu un coût sur sa vie et son art. Je dirais -en profane- que comme le vin, elle se « bonifie avec l’âge ». Ce soir, elle, l’ambassadrice du tourisme de son pays, nous « invite » au Gabon comme le suggère le titre de son album. Elle porte haut les couleurs de son pays et celle du continent. Quand elle entonne l’ « hymne » Bisse Ngabu, c’est toute la salle qui se lève et proclame son amour de cette patrie située au sud du mien mais dont je me sens si proche ce soir pourtant. De chansons en chansons, elle nous transporte à 6000 kilomètres de nos fauteuils (pas si confortables au demeurant) : direction la « brousse », le village de Tchibanga au sud-ouest du Gabon. Elle chante en français et en punu.

Les mots simples trahissent une sagesse vraie acquise aux contacts des anciens de nos villages.
«Le chant c’est mon champs … », reste ma chanson préférée de son répertoire. Annie-Flore n’oublie jamais d’où elle vient et c’est probablement ce qui rend si authentique sa musique. Elle aime ses racines et nous invite à les découvrir. Là, à l’Olympia, sa voix tremblante mais forte trahit son émotion d’être là, plusieurs fois durant la soirée, on verra les larmes s’écraser sur son visage. 3 albums plus loin, l’âpreté de l’effort et l’ardeur d’un travail sans relâche enfin récompensés ? Elle a ses mots si justes pour le décrire quand elle nous dit qu’elle a vogué « de galas en galères… ». Elle rappelle que la musique peut s’avérer longtemps ingrate, mais quand l’heure de la gloire sonne, alors il ne faut pas oublier de rendre grâce en mots et en gestes. L’émotion est à son comble quand elle rend hommage à Nougaro. Elle parle aussi de Tom Yom’s qui nous a quittés il y a peu. Le plus beau réside dans le fait qu’Annie-Flore consciente du fait que la réussite reste un algorithme compliqué où se mêlent intimement travail et chance, sait mettre en avant son pays et tirer les autres, comme on lui a tiré la main en son temps. Elle invite sur scène des jeunes talents de la scène Gabonaise, souhaitant qu’ils soient eux aussi repérés par quelque distributeur qui leur permettrait à eux aussi un jour peut-être de faire l’Olympia…Ainsi je découvre entre autres, Nanette et sa voix suave qui chante un amour déçu par les hommes. Ensuite Annie-Flore nous offre un « pot pourri » de reprises : Patience Dabany, Oliver N'Goma, Pierre Claver Akendengué, etc….9 reprises pour symboliser les 9 provinces du Gabon. Voilà un bel hommage qui est rendu à ses prédécesseurs et à la scène musicale de son pays. Plus patriote, tu meurs !!!



L’heure s’étire, mais nous ne la voyons pas, trop occupés à finir les paroles qu’elle commence. Elle annonce que c’est la dernière chanson. Le public en osmose se lève, comme dans un vain sursaut pour retenir la magie qui s’éteint et la supplie de continuer. Il en va ainsi des bonnes choses, on voudrait qu’elles ne terminent jamais. J’aimerais qu’elle reste là sur scène à clamer l’amour du pays natal et de la vie. Mais voilà qu’elle doit partir. Rendez-vous est pris pour une prochaine fois.

Diboty Annie-Flore pour ce moment fort, pour ce temps mélodieux où tu nous as suspendus à tes lèvres. Ne t’arrête pas en si bon chemin et continue à nous faire vibrer de la sorte.

Il est tard, minuit s’annonce, je hèle un taxi qui passe par là, en m’engouffrant dedans, les paroles résonnent encore dans ma tête. Diboty !

p.s : mille mercis à Arnaud pour les photos, et pour son stoïcisme alors que je n’ai cessé de le presser afin qu’il me traduise et me restitue tout le sens de ce qu’il était donné à mes oreilles d’entendre. Diboty !

dimanche, janvier 20, 2008

Blog Fatigue...

Sorry for not keeping up with the blog, but I've been feeling some fatigue lately. Not only am i feeling blog fatigue, but also fatigue of "stuffs" in general. Things and news are still on my radar, but I don't feel like writing about those for now. I'll be back...hopefully.

Tomorrow, I'll be cheering Annie-Flore Batchiellilys performing at Olympia. Enjoy the video "je t'invite".




mardi, janvier 01, 2008

Et pendant ce temps....

Et pendant que nous festoyions pour le réveillon, une partie de notre continent a (encore) sombré dans la tragédie. J'ai passé la journée rivée sur la BBC, et sur les blogs kenyans. Tout ceci est pour le moins surréaliste, le Kenya naguère présenté comme un havre de stabilité a basculé depuis quelques jours dans des troubles dont nul ne peut prédire la fin. Les 2 protagonistes, le président sortant Mwai Kibaki et le leader de l'opposition Raila Odinga campent sur des positions intenables pour la paix. Leur myopie politique et leurs égos surdimmensionnés viennent de coûter la vie à plusieurs de leurs compatriotes au cours des dernières 48h

Cette élection laissera indubitablement une trace indélébile dans la mémoire des Kenyans. J'aurais aimé que cette élection soit un non événement mis à part le fait qu'elle aie été fort disputée, mais les relents de tensions ethniques sont venus corser un cocktail politique explosif où l'on retrouve pêle-mêle ambitions et soif de pouvoir démesurées, népotisme et corruption. C'est triste et c'est un beau gâchis.

Vienne le jour où les élections pourront non seulement se tenir librement, mais où les participants sauront accepter le verdict des urnes, quel qu'il soit. Ce jour ne s'est visiblement pas encore levé sur le Kenya, au delà de la débâcle électorale, c'est le drame de l'Afrique qui se joue devant nos yeux impuissants...



Vues & villes d'Afrique (2)



Allez, on continue les devinettes en testant votre connaissance de notre beau continent. Où a été prise cette photo? Merci à Arnaud pour la prise de vue. N'hésitez pas à contribuer à cette rubrique en nous envoyant des photos par email lymani ((at)) hotmail ((dot)) com

Update : c'est bien Libreville.

25 ans de TCP/IP


Allez sur la page d'accueil de Google. Joli clin d'oeil au 25ème anniversaire de la naissance du protocole TCP/IP, clé de voûte de l'Internet actuel. 

Happy New Year

Dear All,

Happy New Year to you and your loved ones. May this year bring you Success and Happiness. Christelle & I wish you only the best in 2008.

best regards,
Sanaga Peregrinations