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mardi, octobre 07, 2008

Quick hits : Ousmane Sow, Thabo Mbeki, Lapiro

  • Portrait du sculpteur Sénégalais Ousmane Sow dans le journal LeMonde.
"C'est ici, à Dakar, qu'Ousmane Sow a inventé sa mixture secrète, faite d'une vingtaine de produits (colle, sable, peinture...), plus ou moins longtemps macérés, potion mythique avec laquelle il "gâche" ses statues. C'est ici, dans la cour-atelier de sa maison de Yoff, quartier résidentiel de la capitale sénégalaise, qu'ont surgi ses premiers grands hommes : après Victor Hugo (une commande de Médecins du monde, dont la copie a été installée cette année à Besançon, la ville natale du poète), après Nelson Mandela (acheté par l'homme d'affaires François Pinault), Charles de Gaulle à son tour a émigré."

  • Afrique du Sud : la fête des cannibales par Achille Mbembe (Le Credit a Voyagé). Point de vue sur la crise qui n'en finit pas de secouer l'Afrique du Sud et dont les répercussions se feront sentir à travers tout le continent. Exit Thabo Mbeki et après? Affaire à suivre.
"Le Chef de l’État sud-africain n’aura donc pas achevé son deuxième et dernier mandat. Il vient d’etre défenestré par son parti, le Congrès National Africain Thabo Mbeki n’aura pas seulement été rejeté par l’ANC qu’il rejoignit à l’âge de 14 ans et, après la libération, en devint le premier apparatchik. Il aura littéralement été dévoré par « le mouvement » – point culminant d’un interminable rituel d’anthropophagie politique qui s’est poursuivi pendant près de deux ans et qui aura profondément traumatisé ce jeune-vieux pays."(ANC), dans une cabale qui présente les traits combinés d’un repas totémique au cours d’une fête des cannibales, d’un putsch civil et d’un médiocre roman postcolonial."
"Grand Ndinga Man,
L`heure est grave, tu le sais aussi bien que moi. Nous avons épuisé notre stock de naïveté et de patience. Nous ne pouvons continuer ni d`attendre le Messie, ni de compter sur la bande de braves hurluberlus qui jouent à être les leaders de l`opposition. Comme leur double d`Etoudi, ils sont mentalement épuisés. Nous devons même avoir pitié d`eux, honorer leur service à la nation, et les envoyer au musée de l`histoire dont ils n`auraient jamais dû sortir.
Nous devons prendre notre destin en mains. Car personne d`autre ne le fera à notre place. Ni ces hauts cadres de l`administration obnubilés par le énième remaniement ministériel, ni les officiers de l`armée, transformés pour la plupart en propriétaires immobiliers ou en commerçants, ni même la fameuse communauté internationale, qui n`a jamais cru un seul instant que les Africains méritaient eux aussi de choisir librement leurs dirigeants. Il suffit d`observer le silence complice de ces promoteurs de la démocratie, qui n`hésitent pas à faire le tour du monde pour aller imposer leur conception de la liberté en Irak, qui se mobilisent pour encourager le changement en Ukraine ou au Kosovo, mais sont aux abonnés absents lorsqu`il s`agit du Cameroun, de la Côte d`Ivoire, du Tchad ou du Congo."