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dimanche, mai 13, 2007

D’une élection à l’autre


« A voté ! ». Tels sont les mots qui ont probablement rythmé le rituel électoral qui s’est déroulé sans varier au Nigeria, en France et au Mali si ce n’est dans les modes, les langues, les lieux et l’affluence. Bien que je ne vote dans aucun de ces pays, j’ai suivi de manière attentive et gloutonne ces différentes élections. Esquisses de conclusion autour d'événements parallèles:

  • Umaru Yar'Adua, Nicolas Sarkozy et Amadou Toumani Touré incarneront le visage de leurs pays respectifs pour les années à venir. Que cela plaise ou non, il en sera ainsi. Les urnes ont parlé, elles ont confirmé dans le cas du Mali que le Takokélen ("prise unique" en bambara) était possible, on peut gloser que toutes, à l’instar du Nigeria n’ont pas révélé leurs vérités. Reste à voir, s'ils seront pendant leur mandat des "servant leader" selon l'expression de Yar'Adua.
  • L’inscription sur les listes électorales vaut souscription totale aux règles du jeu pour les uns (candidats) comme pour les autres (électeurs). Il est aussi déplorable que dommageable de voir des scènes de violence où les mauvais perdants expriment leurs colères et leurs frustrations. Quelque soit notre aspiration partisane, il nous faut savoir accepter qu’elle soit déçue. Il en va ainsi et il est sain pour la démocratie de l’accepter. Le recours légal semble plus approprié en ce qu’il s’inscrit dans la même veine que le processus électoral : force à la loi et non aux armes.
  • Le processus politique ne doit être que le point de départ d’une dynamique plus large en ce qu’elle englobera les peuples et ce en incluant la diversité des idées, des rapports au monde, des intérêts et des aspirations. Qu’est-ce à dire ? Je refuse obstinément de croire que le politique peut tout. Il peut beaucoup s’il est soutenu par les gens comme vous et moi. Il est admis que nombre de gouvernements « gouvernent sans le peuple », mais est-ce si vrai ? Oui et non. Oui, dans la mesure où ils sont soutenu par une partie infime d’un tissu plus large (l’armée, les élites, les nordistes, les sudistes, les autres etc…). Non car quelque soit l’étendue de la base sur lequel le politique repose pour exercer son influence, cette base existe et on la voudrait la plus large et consensuelle possible. Le "nous" politique est parfois trop limité.
  • La déclaration du résultat n’est pas une fin en soi, au contraire, elle symbolise le début d’une lutte que les peuples doivent mener ensemble tant les défis du développement s’avèrent nombreux. La suite, cet intérim entre deux élections impose une activité et une volonté de tous les instants. Citons pêle-mêle la lutte contre la corruption et une meilleure redistribution des revenus du pétrole pour le cas du Nigeria, le Mali a fort à faire pour sortir du bas du tableau des pays en développement (175ème sur 177 selon le classement du Programme de développement des Nations Unies).
To zonguela mossala, est l'exhortation à se retrousser les manches et à se mettre au travail en Lingala (merci Francis). De Bamako à Abuja, quand les discours et les polémiques politiciennes cessent, au-delà de l’addition des suffrages, c’est l’addition des actions et du travail des uns et des autres qui sera porteuse de changement. Affaire à suivre!

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SOS Sahel