Musings on Africa, Politics, Technology, Love, Life and Trifles...

|| Em@il me lymani_at_hotmail dot com ||

samedi, juillet 22, 2006

L'Afrique dans un monde asymétrique

L'image qu'offre le continent Africain est sans conteste celui de la marginalité, des guerres, de la famine, des fléaux tels que le SIDA. Pendant que le monde avance, l'Afrique loin du jeu économique et politique global recule. C'est aussi le constat effectue dans cet article du African Executive

Elle recule sur plusieurs pans :

  • sa culture, chaque jour un peu plus marginalisée. Les langues officielles des états sont souvent le français ou l'anglais. Est-il besoin de rappeler que l'identité et l'indépendance de l'Afrique passent aussi par l'usage et la reconnaissance de ses langues et de son patrimoine. Ses enfants se doivent de connaitre leurs traditions, et trop souvent ils n’en n’ont qu'une compréhension limitée voire déformée.
  • ses richesses. Nous produisons ce que nous ne consommons pas et nous consommons ce que nous ne produisons pas.
  • ses talents. L'exode des cerveaux n'est pas nouveau, mais il s'accentue chaque jour un peu plus. Les rêves d'ailleurs et de meilleur se veulent toujours plus mirifiques. N’ importe où, mais plus loin !

C'est une Afrique à rebours de la prospérité et de la modernité qui s'offre à nos yeux. Mais contrairement aux Cassandre de notre temps, je me refuse à croire que pour être sauvée, l'Afrique devrait l'être exclusivement grâce à l'aide et à l'attention des pays industrialisés. Les perfusions d'aides au développement, "le point d'achèvement" et autres ne sont qu'autant de palliatifs qui peuvent tromper les souffrances d'une terre endolorie, mais ne sauraient la guérir.


Le proverbe Basaa dit "Un lo me ni gwan, yak Me me lo we ni yep".

La traduction littérale étant "tu me surpasses avec tes richesses, mais moi aussi je te surpasse avec ma pauvreté". Car le paradoxe réside dans le fait que, de meme que l'Afrique recule, elle avance aussi. De même que l'espoir s'étiole, chaque jour il grandit un peu plus aussi. Comme le fait remarquer le journaliste Arjen Westra, l'Afrique reste riche de son respect des anciens, de sa solidarité, de la chaleur de ses habitants et de leur incroyable résistance face à l'adversité des conditions économiques et politiques. Un des remèdes est aussi la force de la volonté et la foi en ses qualités intrinsèques. Capitaliser sur nos richesses, un regard moins tourné vers le Nord et l'Occident et plus introspectif. La vraie richesse est intérieure, et la victoire est aussi parfois à chercher en soi.