Musings on Africa, Politics, Technology, Love, Life and Trifles...

|| Em@il me lymani_at_hotmail dot com ||

dimanche, avril 13, 2008

Le paradoxe du célibataire éligible

Salut les djeunz !

Voilà une bien belle journée qui donne s'il en fallait une certaine volupté à la vie. Au programme : brunch dominical entre amis à refaire le monde. En passant, merci à Sp pour le repas, je ne me lasse pas du pie cake with custard :)

Je prolonge ici la conversation qu'ont alimenté plusieurs de mes sujets de prédilection : le rôle de la Chine ou de la France en Afrique, les visages de la démocratie à travers le monde, les élections américaines, le féminisme et cela va de soi (sinon ca ne serait pas une "vraie" conversation riche et épanouissante) un crochet nécessaire sur les relations homme-femme. Je vous passe ici les détails quelque peu "trash" (eh oui nos langues se délient souvent une fois les obligations religieuses dominicales accomplies) pour revenir sur le sujet de ce post : le paradoxe du célibataire éligible au mariage. Traduction pour les Camers : "le paradoxe du "bon gars" dispo". Voilà un bien curieux titre me direz vous, mais il n'est que la traduction d'un article intéressant que je vous invite à lire sur Slate et qui s'intitule "the eligible-bachelor paradox". Merci à Ajit pour le lien qui a pu nourrir la conversation où étaient (presque) également représentés les deux sexes. La question sous-jacente étant : quel éclairage les sciences économiques et la théorie des jeux nous donnent-t-elles sur la pénurie d'hommes attirants et disponibles? (entendez pour les femmes dans la même situation).

Entrons dans le vif du sujet par quelques extraits qui aideront à poser le contexte.

"It is a truth universally acknowledged that the available, sociable, and genuinely attractive man is a character highly in demand in social settings. Dinner hosts are always looking for the man who fits all the criteria. When they don't find him (often), they throw up their hands and settle for the sociable but unattractive, the attractive but unsociable, and, as a last resort, for the merely available.

The shortage of appealing men is a century-plus-old commonplace of the society melodrama. The shortage—or—more exactly, the perception of a shortage—becomes evident as you hit your late 20s and more acute as you wander into the 30s. Some men explain their social fortune by believing they've become more attractive with age; many women prefer the far likelier explanation that male faults have become easier to overlook.

The problem of the eligible bachelor is one of the great riddles of social life. Shouldn't there be about as many highly eligible and appealing men as there are attractive, eligible women?

...game theory predicts, and empirical studies of auctions bear out, that auctions will often be won by "weak" bidders, who know that they can be outbid and so bid more aggressively, while the "strong" bidders will hold out for a really great deal. You can find a technical discussion of this here. (Be warned: "Bidding Behavior in Asymmetric Auctions" is not for everyone, and I certainly won't claim to have a handle on all the math.) But you can also see how this works intuitively if you just consider that with a lot at stake in getting it right in one shot, it's the women who are confident that they are holding a strong hand who are likely to hold out and wait for the perfect prospect.

This is how you come to the Eligible-Bachelor Paradox, which is no longer so paradoxical. The pool of appealing men shrinks as many are married off and taken out of the game, leaving a disproportionate number of men who are notably imperfect (perhaps they are short, socially awkward, underemployed). And at the same time, you get a pool of women weighted toward the attractive, desirable "strong bidders."

Where have all the most appealing men gone? Married young, most of them—and sometimes to women whose most salient characteristic was not their beauty, or passion, or intellect, but their decisiveness."

Permettez moi de jouer les ingénues pour quelques lignes. Bien que le parti pris de l'auteur soit intéressant car il apporte une perspective différente sur le sujet, je ne suis pas tout à fait en accord avec lui. Si je résume, il faudrait qu'une femme ne fasse pas trop la "difficile" car à mesure que le temps passe (cela s'accentuerait autour de la trentaine) le nombre d'hommes célibataires et "potables" se réduirait. Ok, un des points qui revient souvent dans les conversations entre filles, est que les mecs "biens" (ou supposés tels) sont pris ou rares et que il faut "composer" avec le reste. Est-ce une vue de l'esprit féminin que de le croire? Personnellement je pense qu'il y a du vrai dans cette affirmation. Si je me trompe et que vous avez (ou êtes vous même) un mec bien et dispo, mon email se trouve en haut à droite du blog, Christelle et moi nous ferons un plaisir d'étudier le "cévé" et de faire suivre son contact à toutes les bachelorettes aussi sceptiques qu'intéressées. Mon petit doigt me dit qu'il va m'en coûter d'avoir écrit ces lignes :) Nota Bene : si vous ne voyez rien venir, c'est qu'il n y a rien!!! Pour revenir à Mr Gimein et à son article, la finalité des enjeux repose plus sur l'idée que l'on se fait de la vie (seul(e) et/ou à deux) et qu'on ne se "case" pas plus en cédant à la pression sociale ou familiale mais parce qu'on a rencontré une personne qui nous convient (lisez : qui répond à nos critères) et pour qui la réciproque est vraie. Les enchères pour reprendre les mots utilisés dans l'article, se situent à ce niveau là. On attend parce qu'on ne trouve pas notre compte et qu'on pense trouver mieux. On en revient à l'éternelle question : "is it ok to settle for Mr Good enough ?" Ma réponse du jour: c'est comme au poker, ça dépend des cartes que vous avez, de votre capacité à bluffer et aussi du jeu de vos adversaires. Pour ceux qui pensent qu'il s'agit d'une affaire de "prince charmant" (ie: Eddy), je leur oppose la maxime de Jules Renard : "le féminisme, c'est ne pas compter sur le prince charmant".

Please let me know what y'all think?

A bientôt les Djeunz ... et les moins djeunz.


5 comments:

Ti Aya a dit…

Mariage, amour, bonheur...
Vaste question pour laquelle on pourrait avoir autant d'opinions que d'intervenants. La preuve, je n'arrive à souscrire entièrement ni au point de vue de Gimein, ni au tien Lydie.

Tu dis une chose très simple de prime abord, qui répond à nos critères, et pourtant il se trouve que c'est là toute la difficulté. Comment définir les critères en question? On prend une jeune bachelorette trentenaire au hasard, pour peu que ses critères restent "objectifs", parmi tous les hommes qui se sont trouvés à moins de 100 mètres d'elle dans une journée type, on trouvera bien une vingtaine ou plus de bachelors dispo qui correspondent au moins à 80% de ces critères. Paradoxalement, parmi eux, on peut être sûr que 80% au moins ne lui conviendraient pas.
D'un autre côté on pourrait bien en trouver dans le même échantillon qui ne satisfait même pas à 50% des critères cités, mais avec qui elle pourrait couler des jours des plus heureux, peut-être simplement parce qu'il a cette espèce de magic touch qui peut faire par exemple que ce truc banal qu'elle fait depuis 10 ans sans le moindre intérêt devient tout à coup ... magique, pour peu qu'il y prenne part. Ceci pour dire qu'il y a toujours une part non négligeable d'imprévisible.

Quant à l'article, outre le doute lié à ce principe qui consiste à analyser les relations humaines à la lumière des théories mathématiques, un point a retenu mon attention. C'est de dire que passé un certain "moment", ceux qui restent disponibles sont les moins potables, ou son corrolaire, que ceux qui sont casés sont les plus potables. Lorsqu'ils consentent (c'est assez rare) à se laisser aller à des confidences, on est toujours surpris d'apprendre combien eux aussi composent chaque jour avec les imperfections de leurs douces moitiés. Il se trouve qu'ils ont très souvent de nombreuses motivations à tenir, parmi lesquelles figurent en bonne place la sérénité de se savoir accompagné, les enfants quand il y en a, et parfois les regards envieux des célibataires. Et puis de toute façon, la vie est plus simple et plus agréable lorsqu'on est deux, pour peu qu'une certaine harmonie règne.

Pour finir, mon point de vue sur la question se résume à ce que m'a dit un ami qui avait connu 3 histoires sérieuses, la 3e ayant abouti au mariage: Si j'avais l'expérience que j'ai aujourd'hui lorsque j'ai connu la première, c'est elle que j'aurais épousé. Comme quoi, vivre en commun, on l'apprend comme on a appris à marcher. Lorsqu'on commence plus ou moins vers 18 ans, on est naïf et on se plante souvent, mais avec le temps et l'expérience on finit par savoir ce qu'on veut, ou plus prosaïquement ce qu'on peut avoir, et on se rend compte qu'on l'a depuis un bail à portée du regard.

Signé un mec pas si bien, mais néanmoins pas dispo.

Eddy a dit…

ti aya,
pas dispo? Ah oui je me rapelle qu'en Fevrier dernier, il était question que tu rases les murs pour pouvoir (nous) rejoindre pour la finale de la CAN lool.
Non mais kosh mise à part, je suis ds le principe d'accord avec ton point de vue. (En passant, tu serais étonné par la pertinence les applications concretes je suis un adepte de la théorie des jeux. Et tu serais étonné des explique bien de comportements humains.)

Lydie
"Ma réponse du jour: c'est comme au poker, ça dépend des cartes que vous avez, de votre capacité à bluffer et aussi du jeu de vos adversaires." fin de citation

Absolument d'accord avec toi. Voilà un avis que je partage.
En fin de compte, c'est du flotambo tout ca.

"Pour ceux qui pensent qu'il s'agit d'une affaire de "prince charmant" (ie: Eddy)," fin de citation

Ah non alors, oulala, tu as pris le mauvais example ma chérie. S'il y'a qqn qui croit au prince charmant, c'est certainement pas moi, et pour cause !!!!

Dans mon cas particulier, malheureusement (ou heureusement, che pas), mes parents ont traversé une grosse crise dans leur relation. Et en tant qu'aîné, j'étais bien sûr aux premieres loges. La conséquence immédiate a été pour moi que j'ai jamais crû à la fable de "l'homme parfait", "la femme parfaite", ou encore de la "relation idyllique".
Il fût même un temps où ma théorie des relations était semblable à la théorie de la gravité: toute relation, quelle qu'elle soit finit par se précipiter vers le sol avec une acceleration g' et s'y briser. Théorie assez pessimiste, je l'accorde, mais j'avais des circonstances atténuantes.
Je suis un peu moins pessimiste depuis, ma conviction maintenant c'est que l'unique ciment du couple c'est la prédisposition au compromis.
Or le compromis s'accorde mal avec cette culture du "je veux tout tout de suite et dès que ca fait gnian, entendez dès la 1ere difficulté, je suis parti(e)".

Eddy a dit…

Lydie
"Nota Bene : si vous ne voyez rien venir, c'est qu'il n y a rien!!! " fin de citation

Arrrglllll!
Ca me rapelle de vilains souvenirs. Avec des potes, on devait aller un samedi enjoy nos choses au club BEAC (à Yde, pour ceux qui connaissent). Et il y'avait une complice là, dont je guettais la pote. Je lui ai proposé (heu, supplié en fait, loool) de venir avec nous et d'emmener sa pote. Et jeudi à la récré elle vient me voir et me sort exactement ce que tu as écris là: "je vais voir ca avec ma pote, si je n'ai pas fait signe avant samedi midi, c'est qu'il n'y a rien".

Arrrglll, le supplice que ca a été. J'ai passé le temps à me demander si elle n'est pas en train d'essayer de me joindre par hasard. J'ai demandé 100 fois à la maison si on a pas laissé un message pour moi. J'ai call tous mes potes pour savoir si par hasard telle ne les a pas joint pour dire qu'elle essaie de me joindre sans succès, lool. 'tain je m'en souviendrais encore longtemps.
Et finalement les zouavesses ne sont même pas venues, elles quoi là!?

Eddy a dit…

Ti Aya,
en relisant le paragraphe qui t'était destiné, dans mon premier message, celui du mardi, avril 15, 2008 1:42:00 PM, je découvre que j'ai écris un gribouillis qui ne dit pas son nom.
C'est que j'étais en train d'admirer une chorégraphie d'enfer (http://www.youtube.com/watch?v=eC7PWMZD-z4), je crois qu'il faut que je fasse un tour au Soudan, même s'il faut voyager sur le dos d'un chameau man!
Un melange de musique arabe et de ndombolo, puissant, puissant!

Kans a dit…

Eddy, laisse-nous aussi parler! yaaa!

Hey, Lydie, pour info, pour avoir indiqué son email de la meme facon, et pour à peu près le objectif, Diam's a recu plein de "CV". Regarde sa video "Jeune demoiselle" recherche un mec mortel sur YouTube.

Sinon, bon le prince charmant n'existe pas, pas plus que cendrillon. Il n'y a que des compromis, des bons, des mauvais, et une gradation jusqu'aux extrêmes.

En passant qd mm, ingénue comme tu es, tu as dit une vérité: les filles doivent pas faire les difficiles. Ou pas.